Pierre Robiquet (1780-1840) : La codéine
Né à Rennes, juste après un terrible incendie qui dura sept jours et dévasta la ville, il avait à peine 10 ans lorsque survint la Révolution française. Séparé de ses parents, il fut placé tout d’abord chez le pharmacien Clary puis travailla dans le laboratoire de Chedeville, pharmacien de la marine, où il prit goût à la chimie. Ce difficile début d’existence lui donna une énergie qui l’amena à une brillante carrière. Membre de l’Académie de médecine, membre de l’Académie des sciences, secrétaire général de la Société de pharmacie, professeur à l’école de pharmacie de Paris, pharmacien militaire aux premières campagnes d’Italie, puis pharmacien à Rennes et au Val-de-Grâce, et enfin pharmacien d’officine à Paris, il entreprit la fabrication de produits chimiques. Son œuvre se rapporte à divers produits : il étudia la garance, l’opium. Il découvrit la cantharidine et isola la caféine du café. A la demande de Louis-Joseph Gay-Lussac, grand maître de la chimie française, Robiquet vérifia les travaux de F. Sertüner sur la nature alcaline de la morphine. C’est au cours des ses travaux en 1832, qu’il isola de l’opium la codéïne qui reste aujourd’hui, après la morphine, l’alcaloïde du pavot le plus utilisé.