Dans les années qui
précédèrent la Seconde Guerre
mondiale, les syndicats pharmaceutiques avaient réclamé
la création d'un organisme officiel régulateur
de la profesion. En effet, la concurrence entre pharmaciens
d'officine était devenue anarchique : absence
de toute règle pour répartir géographiquement
les pharmacies selon les besoins de la population,
affirmations thérapeutiques incontrôlées
en faveur des médicaments, pratiques commerciales
outrancières...
Les pharmaciens d'officine ressentaient le besoin
de préserver une éthique en rapport
avec leur formation universitaire et leur appartenance
à un corps de professionnels de santé.
Les syndicats de titulaires d'officine n'avaient pas
les moyens juridiques de répondre à
ce besoin : une éventuelle exclusion d'un pharmacien
de son syndicat pour une conduite discréditant
la profession n'entraînait pas
une interdiction de l'exercice contestable, pourtant
nécessaire dans l'intérêt des
malades. Ainsi est née l'idée d'une
inscription obligatoire à un Ordre qui constituerait
une condition légale d'exercice. Cela signifiait
que celui qui se trouverait disciplinairement exclu
- que ce fût à titre temporaire ou définitif
- pour des manquements aux règles de la profession,
ne pourrait plus exercer durant ladite exclusion.
L'Ordre des pharmaciens était ainsi, avant-guerre,
envisagé sous la forme d'un groupement professionnel,
unique, imposé et institué essentiellement
pour régler des différends entre confrères.
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| Certaines professions,
dites libérales et réglementées,
comme les médecins, les avocats ou les pharmaciens,
ont en commun trois caractéristiques :
- l'exigence d'une qualification élevée,
sanctionnée par un titre d'enseignement supérieur
;
- l'existence d'une véritable relation personnelle
entre l'usager et le praticien ;
- la nécessité que cette relation puisse
être empreinte d'une particulière confiance.
Les pouvoirs publics ont estimé
que ces métiers devaient, en conséquence,
être assujettis à des règles de
comportement plus exigeantes que dans les autres champs
professionnels du commerce, de l'industrie, etc. Ces
règles sont réunies sous le nom de "déontologie",
ce qui signifie "connaissance des devoirs".
Et, en cas de violation de ces règles, des sanctions
disciplinaires sont applicables, en plus d'éventuelles
sanctions pénales ou de dommages et intérêts.
Le législateur a considéré
que l'organisation et le contrôle de ces professions
constituaient une "mission de service public",
mais sans vouloir, pour autant, les faire prendre en
charge par l'Etat lui-même. Il a donc confié
cette mission à des Ordres professionnels, dirigés
par des membres de la profession, élus par leurs
pairs.
Une quinzaine de professions réglementées
ont été dotées d'une telle organisation
entre 1945 et 1947 : les médecins, les pharmaciens,
les chirurgiens-dentistes, les sages-femmes, les avocats,
les architectes, les experts-comptables, les vétérinaires,
etc.
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