Les grandes tendances de la démographie des pharmaciens au 1er janvier 2019

La démographie des pharmaciens

Le renouvellement de la profession est assuré

La pharmacie, une profession particulièrement féminine

Le maillage territorial reste toujours harmonieux, favorisant la proximité

Une profession mobile qui se réorganise

Les grandes tendances par métier de la pharmacie

 

Afin de mieux anticiper les évolutions des différents métiers de la pharmacie, l’Ordre national des pharmaciens publie, comme chaque année, un panorama démographique. Au 1er janvier 2019, les tendances déjà observées ces dernières années, se confirment :

  • Le maillage territorial est harmonieux, favorisant ainsi l’accès à des soins de proximité
  • Le renouvellement de la profession est assuré, les pharmaciens qui s’inscrivent sont de plus en plus jeunes
  • La profession est particulièrement féminine

 

Le renouvellement de la profession est assuré 

Depuis dix ans, le nombre d’inscrits au tableau de l’Ordre ne cesse d’augmenter, signe que les métiers de la pharmacie sont attractifs : 74 115 pharmaciens étaient inscrits en 2018, soit une augmentation de 1,9 % par rapport à 2008.

L’âge moyen des pharmaciens reste inchangé en 2018, à 46,7 ans. C’est au sein de la section des pharmaciens industriels (section B) que la moyenne d’âge est la plus basse (41,8 ans). Ce rajeunissement de la profession est également visible pour les pharmaciens de la distribution en gros (section C) dont la moitié des effectifs a moins de 45 ans.

La population des pharmaciens se renouvelle. Ils s’inscrivent de plus en plus tôt : le nombre de nouveaux inscrits de moins de 30 ans augmente de 12% par rapport à 2017, notamment sous l’effet de ceux qui s’inscrivent directement après leurs études (moins de 25 ans) dont la population a quadruplé en un an. Entre 2017 et 2018, l’âge moyen des primo-inscrits a baissé d’un an (à 27,8 ans). Globalement, le nombre de pharmaciens de moins de 35 ans augmente (+1,4%) et représente désormais le quart de la population alors que les plus de 66 ans en constituent 3,6%. Cette hausse compense largement l’augmentation, liée à l’allongement des carrières, du nombre de pharmaciens proches de la retraite.

 

La pharmacie, une profession particulièrement féminine

La féminisation de la profession se confirme en 2018, avec plus de 67% de femmes (65,8% en 2008). Leur présence est encore plus marquée en section D (81%), H (75%) et B (notamment dans les postes de pharmaciens adjoints de l’industrie 67%).

La répartition hommes-femmes est équilibrée pour les titulaires d’officines (55% de femmes), les pharmaciens responsables (PR) - pharmaciens responsables intérimaires (PRI) (53% en section B, 45% en section C) et en biologie médicale (59% de femmes).

 

Le maillage territorial reste toujours harmonieux, favorisant la proximité

Le maillage territorial reste équilibré et harmonieux. Pour 100 000 habitants, on recense en moyenne 32,4 officines et 7,3 laboratoires de biologie médicale, ainsi que 3,7 pharmacies à usage intérieur (PUI). L’accès aux produits de santé et aux examens se situe entre 15 minutes (pour une officine) et 30 min (pour un laboratoire de biologie médicale - LBM) sur la quasi-totalité du territoire.

Par ailleurs, les 536 établissements de la distribution en gros (section C) et leurs pharmaciens sont répartis sur l’ensemble du territoire pour assurer leurs missions de service public auprès des professionnels de la dispensation.

 

Une profession mobile qui se réorganise

On constate que peu à peu la profession se réorganise autour des différents métiers de la pharmacie et devient plus mobile géographiquement.

Ainsi, ces dix dernières années le nombre d’inscriptions des titulaires d’officine diminue progressivement (-6,9 %) alors que l’on observe une augmentation des inscriptions d’adjoints en officine (+5,1 %) et un attrait de plus en plus important pour les métiers hospitaliers (+34,5 %) et industriels (+15,7 %).

Les flux intersections se concentrent entre les sections A et D. Les titulaires (section A) et adjoints (section D), au regard de leur importante population, représentent logiquement près de 80% des flux intersections (69% changements de sections se font de D vers A, 10% de A vers D).

Cette mobilité est également présente dès la formation initiale. Le nombre de pharmaciens français ayant obtenu un diplôme étranger est cette année en hausse de 10% par rapport à 2017 (805 inscrits). Ce qui montre la volonté des jeunes générations de s’orienter vers les professions pharmaceutiques malgré le numérus clausus.

Par ailleurs, 28% des pharmaciens, une fois leur diplôme obtenu, n’hésitent pas à s’éloigner de leur lieu initial de formation pour exercer leur profession.

Enfin, l’Outre-mer (Section E) attire de plus en plus de pharmaciens avec une progression importante du nombre d’inscrits au cours des dix dernières années (+20,5 %).

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Les grandes tendances par métier de la pharmacie

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Pharmaciens titulaires d’officine (section A)

Le nombre de titulaires varie peu (-1,3 %) et l’exercice libéral demeure attractif, bien qu’une progression de l’exercice en société semble se dessiner en parallèle. Le tissu officinal continue son évolution par une restructuration progressive qui permet de conserver des conditions d’accès aux médicaments préservées pour les patients.

 

Pharmaciens adjoints d’officine et autres exercices (section D)

L’effectif des pharmaciens adjoints et autres exercices connaît une légère augmentation (+0,7 %). La progression du nombre d’adjoints, associée à la décroissance des pharmaciens d’officine intérimaires, témoigne d’une mise en œuvre progressive mais réelle de l’exercice de nouvelles missions (entretiens pharmaceutiques, bilan de médication, vaccination etc) au sein des officines.

 

Pharmaciens des établissements de santé (section H)

La hausse des effectifs se poursuit dans cette section (+2 %). Le nombre de PUI diminue (-1,1 %) passant de 2 445 en 2017 à 2 419 en 2018, tandis que le nombre de postes augmente de près de 1 %, poussé par le secteur public (+2,1%). La répartition des PUI sur le territoire est un atout pour la qualité de la prise en charge médicamenteuse et un accès aux soins de proximité, qu’il est nécessaire de préserver.

 

Pharmaciens biologistes (section G)

La réforme de la biologie médicale a entraîné de fortes évolutions dans les structures, publiques comme privées. La baisse des effectifs amorcée depuis 2009 se poursuit en 2018 (-1,9 % par rapport à 2017). La couverture nationale reste toutefois préservée, puisque la majorité de la population française reste située à moins de 30 minutes en voiture d’un site de laboratoire de biologie médicale.

 

Pharmaciens de la distribution (section C)

Le nombre d’inscrits est assez stable (2,9 %). Bien qu'en légère diminution, les établissements de la distribution en gros et leurs pharmaciens sont répartis sur le territoire national pour assurer leurs missions de service public auprès des professionnels de la dispensation.

 

Pharmaciens de l’industrie (section B)

Malgré une baisse du nombre d’établissements pharmaceutiques (-2,4 % depuis 2017), le nombre d’inscrits augmente (+4,6 % par rapport à 2017), montrant l’attrait des jeunes générations pour ce secteur aux métiers évolutifs et divers, qui leur offre la possibilité de s’inscrire dans un véritable parcours professionnel.

 

Pharmaciens des départements et collectivités d’Outre-mer (section E)

Le nombre de pharmaciens d’Outre-mer continue de progresser en 2018 (+1,8 %) : l’exercice pharmaceutique ultra-marin est attractif, malgré les difficultés particulières auxquelles il doit faire face (conditions climatiques spécifiques, présence de fabricants uniquement en métropole, conditions d'approvisionnement particulières...). 

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Date de mise à jour : 22/08/2019