Depuis le XVIe siècle l’apport des plantes, venues des contrées lointaines, a étoffé l’arsenal thérapeutique. Plantes aromatiques, fruits et légumes, épices, plantes tinctoriales sont utilisés pour égayer les papilles ou les étoffes et pour fabriquer des médicaments.

En 1624, Jean de Renou dans ses « Œuvres pharmaceutiques » nous permet de faire la différence entre aliment et médicament : « …le médicament est tout ce qui peut changer ou altérer notre corps, soit qu’on le prenne intérieurement, ou qu’il soit appliqué par dehors, comme le poivre, l’euphorbe, la nymphea, la chicorée….. l’aliment est tout ce qui peut nourrir et faire accroitre notre corps, pris intérieurement, comme le pain, la chair des animaux…. »




La thérapeutique est basée sur la théorie des quatre éléments (la terre, l’eau, l’air et le feu) et les plantes sont classées selon leurs pouvoirs : plantes chaudes et domestiques, médicaments simples et réfrigérants, plantes chaudes et étrangères, racines apéritives et simples purgatives. A la même époque, on dénombre environ 1000 espèces de plantes cultivées dans le jardin des simples créé par Nicolas Houël et légué, après son décès en 1587, à la communauté des apothicaires de Paris.

En 1698, Nicolas Lémery dans la première édition du « Traité universel des drogues simples » nous rappelle que les médicaments sont issus des trois règnes de la nature :minéral, végétal et animal et que la connaissance des «…Drogues




simples est si belle et si relevée, qu'elle a fait l’étude et la curiosité des plus beaux esprits de tous les siècles : plusieurs Princes s’y sont appliqués avec beaucoup de plaisir et d’utilité, comme Messué, Mithridate… elle est d’une nécessité indispensable à tous ceux qui se mêlent de cette science mais principalement aux apothicaires… » Les drogues simples sont classées par ordre alphabétique : l’origine, le choix, les principes et les qualités ainsi que l’étymologie sont précisés. Figurent également dans ce traité les nouvelles drogues exotiques : vanille, ananas, thé, café, cacao et tabac, mais aussi feuilles de coca, salsepareille, ipecacuanha et quinquina, venues du continent américain, d’Inde, de Ceylan ….
Le quinquina connaîtra la célébrité, deux siècles après son arrivée en Europe, lorsque deux pharmaciens Joseph Pelletier et Bienaimé Caventou découvriront la quinine qui sauvera des millions de vies humaines exposées au paludisme.

 

 
    
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Ordre national des pharmaciens
date de mise à jour : 06/06/2005

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