Foire aux questions - Pharmaciens d'officine

Compte tenu de l’évolution de la situation d’heure en heure, la foire aux questions est régulièrement actualisée. Merci de tenir compte de la date de mise à jour indiquée. 

Covid-19 - Où en est-on ?  

Distributions hebdomadaires des masques du stock de l’Etat

Médicaments et produits de santé à l'officine : dispensations dérogatoires ou encadrées - recommandations

Mise à jour le 26/06/2020 (dernières mises à jour en vert) concernant : 

  • Accès au dépistage du Covid-19 des professionnels de santé sans prescription et sur présentation de leur carte de professionnel de santé 

Source : arrêté du 25 juin 2020

Approvisionnement en masques FFP2 passe en flux tiré à partir du 29 juin 2020

Source : courrier du CSRP

SOMMAIRE : 

Depuis le 12 juin, uniquement pour les TSO et jusqu’au 10 juillet 2020.

Eu égard à la situation sanitaire actuelle et lorsqu'un patient est dans l'impossibilité de consulter son médecin , les officines peuvent dispenser les traitements de substitution aux opiacés lorsque la durée de validité de la dernière ordonnance est expirée selon les conditions résumées dans ce tableau

Source : arrêté du 23 mars 2020 , loi N°2020/546  du 11 mai

 

Mesures dérogatoires applicables jusqu’au 10 juillet 2020 inclus.

Depuis le 23 mars, les patients dans l'impossibilité de se déplacer dans les locaux de la pharmacie à usage intérieur (PUI) où ils récupèrent usuellement leur traitement peuvent se le faire acheminer en pharmacie d'officine.

Pour rappel, le renouvellement à titre exceptionnel s’applique également aux PUI autorisées à la vente des médicaments au public, ainsi qu’aux PUI délivrant des médicaments sous ATU ou bénéficiant des dispositions “post-ATU” prévues à l’article L.162-16-5-2 du CSS .

Source : arrêté du 23 mars 2020

Quel est le processus prévu pour ce nouveau circuit ?

  • Le patient prend l'attache de la pharmacie d'officine proche de son domicile de son choix. Celle-ci transmet par voie dématérialisée une copie de l'ordonnance à la PUI qui a procédé au dernier renouvellement du médicament.
  • La PUI procède à la dispensation et à la facturation à l'assurance maladie du médicament. Elle prépare le traitement du patient dans un emballage qui garantit la confidentialité du traitement, la bonne conservation du médicament et la sécurité du transport. Puis, elle le confie à un grossiste répartiteur en capacité d'assurer, dans les meilleurs délais, la livraison du médicament à la pharmacie d'officine désignée.
  • Le pharmacien d'officine délivre le médicament sur présentation de l'ordonnance. Il y appose le timbre de l'officine et la date de délivrance.
  • Une copie de l'ordonnance timbrée et datée est adressée en retour à la pharmacie à usage intérieur.

Schéma de synthèse du circuit PUI/officine

Fiche de liaison PUI/Officine pour les médicaments rétrocédés à faxer avec l’ordonnance

Le pharmacien d'officine peut-il proposer lui-même ce service au patient ?

Non. C'est obligatoirement le patient qui est à l'origine de la demande.

Les primo-prescriptions peuvent-elles être honorées via  ce circuit ?

Non. Seuls les renouvellements sont possibles.

Doit-on obligatoirement passer par un grossiste-répartiteur ?

Le texte le prévoit expressément. Toutefois, si l'intérêt du patient l'exige, les pharmaciens d'officine et les pharmaciens hospitaliers peuvent décider de se déplacer personnellement, le transport du médicament étant placé dès lors sous leur responsabilité.

Dans tous les cas, un contact entre le pharmaciens d'officine et le pharmacien hospitalier est fortement conseillé. Attention, une fiche de liaison doit assurer la traçabilité de toutes les opérations.

 

De nombreuses dispositions dérogatoires ou recommandations ont été mises en oeuvre durant la crise sanitaire. Elles sont résumées dans ce tableau .

Que faire en cas de demande de paracétamol ?

Mesure dérogatoire applicable jusqu’au 10 juillet inclus.

Depuis le 18 mars les pharmaciens ne peuvent délivrer sans ordonnance que :

- 1 seule boite de paracétamol par patient ne présentant aucun symptôme,

- 2 boites en cas de symptômes (douleurs et/ou fièvre).

Les délivrances de paracétamol sans ordonnance sont inscrites dans le dossier pharmaceutique pour tracer le nombre de boîtes délivrées lorsque le patient en dispose et s’il présente sa carte vitale.

Dans le cas contraire, nous recommandons d’enregistrer la dispensation dans le LAD de l’officine dans la fiche patient (la créer si nécessaire).

Cette mesure de l’ANSM  permet de garantir la disponibilité du paracétamol en évitant tout stockage inutile chez le patient. Limiter la délivrance de paracétamol permet aussi d’éviter toute mauvaise utilisation. Le pharmacien est là pour rappeler le bon usage du paracétamol (ne pas dépasser la dose de 60 mg/kg/jour et de 3 g/jour voire 4g sur recommandation du médecin en fonction du Résumé des Caractéristiques du Produit).

Attention : la vente par internet des spécialités composées exclusivement de paracétamol est suspendue jusqu’au 10 juillet 2020. 

Source : arrêté du 23 mars 2020

Par ailleurs, le paracétamol fréquemment utilisé à visée symptomatique dans l’infection par le Covid-19 est contre-indiqué en cas de coup de chaleur car inefficace et potentiellement délétère (aggravation de l’atteinte hépatique/des troubles de la coagulation). Le ministère de la santé recommande de proscrire toute automédication en cas de fièvre et de contexte de vague de chaleur. Le pharmacien évalue et valide la pertinence de la prise du paracétamol au cas par cas.

Source : Recommandations “prise en charge des patients en cas de forte chaleur dans le contexte de l’épidémie COVID-19”, Ministère de la santé

Le pharmacien peut-il dispenser de l’ibuprofène ou de l'aspirine ?

Oui MAIS rappelons que les anti-inflammatoires non stéroïdiens (dont l’ibuprofène) peuvent masquer une infection et potentiellement avoir un effet aggravant dans certaines situations. Des évènements indésirables graves liés à l’utilisation des AINS ont été signalés chez des patients atteints de COVID-19, cas possibles ou confirmés . Le traitement d’une fièvre mal tolérée ou de douleurs dans le cadre du COVID-19 ou de toute autre virose respiratoire repose sur le paracétamol, les AINS doivent être proscrits.

Attention : La vente par internet des spécialités composées exclusivement d'ibuprofène et d'acide acétylsalicylique (aspirine) est suspendue depuis le 18 mars jusqu’au 10 juillet 2020.

Source : arrêté du 23 mars 2020

Pour en savoir plus : DGS Urgent du 14 mars 2020

Le patient peut-il continuer son traitement de corticoïdes ?

Oui. Les patients sous corticoïdes ou autres immunosuppresseurs pour une pathologie chronique ne doivent pas interrompre leur traitement, sauf avis contraire du médecin qui les suit pour cette pathologie. 

Quelle vigilance avoir avec les plantes ayant des propriétés anti-inflammatoires et immunomodulatrices ? 

Plusieurs plantes sont susceptibles de perturber la réponse immunitaire et la réaction inflammatoire développée par l’organisme au début des infections et donc de présenter des effets contre-productifs dans la défense contre le coronavirus .

Il s’agit des plantes contenant des dérivés de l’acide salicylique, telles que le saule, la reine des prés, le bouleau, le peuplier, la verge d’or, les polygalas mais aussi des plantes contenant d’autres anti-inflammatoires végétaux, telles que l’harpagophytum, les échinacées, le curcuma, la griffe du chat (appelée aussi liane du Pérou), les plantes des genres Boswellia et Commiphora (connues pour leurs gommes-oléorésines appelées respectivement « encens » et « myrrhe »).

Ces plantes peuvent notamment entrer dans la composition de compléments alimentaires , aussi est  recommandé :

- aux personnes utilisant ces compléments dans un but préventif de suspendre immédiatement la prise dès l’apparition des premiers symptômes du COVID-19 ;

- aux personnes consommant ces compléments dans le contexte de pathologies inflammatoires chroniques de discuter impérativement avec leur pharmacien ou leur médecin de la pertinence de poursuivre ou non la prise.

Que doit faire un pharmacien face à une ordonnance prescrivant un sirop antitussif à base de pholcodine ?

Dans le contexte actuel de pandémie de COVID-19, l’ANSM  rappelle le risque potentiel de réactions allergiques croisées entre la pholcodine, utilisée dans des sirops antitussifs et les curares utilisés dans les services d’anesthésie/réanimation. Par mesure de précaution, l’ANSM recommande aux médecins de ne pas prescrire de médicaments antitussifs et aux patients de ne pas les utiliser, ceci afin de réduire le risque de réaction allergique croisée en cas d’évolution vers une forme grave de COVID-19 nécessitant l’admission du patient en service de réanimation.

Face à une ordonnance prescrivant de tels médicaments, le pharmacien peut prendre contact avec le médecin pour l’alerter sur ce risque et définir si besoin une alternative thérapeutique. Il peut rédiger une intervention pharmaceutique conformément aux bonnes pratiques de dispensation . Enfin, le pharmacien peut refuser la délivrance de tels médicaments en vertu de l’article R4235-61  du CSP.

Les médicaments concernés sont les sirops suivants : BIOCALYPTOL, BIOCALYPTOL sans sucre, BRONCALENE adulte, BRONCALENE enfant, DIMETANE sans sucre, HEXAPNEUMINE adulte, HEXAPNEUMINE enfant, POLERY enfant.

Ces éléments sont synthétisés dans ce tableau .

Le pharmacien d’officine peut-il honorer une prescription d’hydroxychloroquine (PLAQUENIL) hors amm en cas de Covid-19 ?

Mesure dérogatoire applicable jusqu’au 10 juillet inclus. 

Non. Depuis le 26 mars, les  pharmaciens d’officine doivent dispenser uniquement les prescriptions dans le respect des indications de son autorisation de mise sur le marché, à savoir le traitement de maladies articulaires d'origine inflammatoire, telles que la polyarthrite rhumatoïde, ou d'autres maladies telles que le lupus ou en prévention des lucites.

Les prescriptions initiales doivent émaner de rhumatologues, internistes, dermatologues, néphrologues, neurologues et pédiatres. Les renouvellements peuvent émaner de tout médecin. 

Une fiche médicament dédiée est disponible sur Meddispar : ici

Source : arrêté du 23 mars 2020

Quelles sont les règles dérogatoires de dispensation du Rivotril (clonazépam) hors AMM dans le contexte COVID-19 ?

Ces deux mesures sont applicables jusqu’au 10 juillet 2020 (inclus)

Depuis le 29 mars, la spécialité RIVOTRIL 1 mg/1 ml, solutions à diluer injectables en ampoules (clonazépam) peut faire l'objet d'une dispensation en officine pour les patients dont l'état clinique le justifie au regard des recommandations de prise en charge palliative de la détresse respiratoire, établies par la société française d'accompagnement et de soins palliatifs  (indication thérapeutique HAMM : prise en charge des états dyspnéiques et des détresses respiratoires pour les patients présentant une forme grave de COVID-19 et ne pouvant pas bénéficier d'une d’hospitalisation en service de réanimation ou pour lesquels une décision de limitation de traitements actifs a été prise). 

L’ordonnance doit mentionner : “Prescription Hors AMM dans le cadre du covid-19”.

Le taux de remboursement dans ce cas est de 100 %. 

Une fiche médicament dédiée est disponible sur Meddispar : ICI

Source : Décret n° 2020-663 du 31 mai 2020  

Depuis le 27 mai , en cas de difficulté d'approvisionnement en midazolam, les spécialités pharmaceutiques à base de clonazépam peuvent faire l'objet d'une prescription hors AMM par tout médecin, même non spécialiste, pour la prise en charge médicamenteuse des situations d'anxiolyse et de sédation pour les pratiques palliatives, dans le respect des recommandations de la Haute autorité de santé (HAS)

L’ordonnance doit mentionner : "Prescription hors-AMM exceptionnelle". 

Ces spécialités sont prises en charge par les organismes d'assurance maladie dans les conditions du droit commun.

Des fiches médicaments dédiées sont disponibles sur Meddispar : ici et ici

Source : arrêté du 23 mars 2020

Comment dispenser la naloxone à l’officine ?

Mesure applicable sans limitation de durée

Le contexte actuel peut entraîner des conduites à risques pour les usagers d’opioïdes qu’il s’agisse d’une utilisation médicamenteuse (TSO, traitement par des médicaments opioïdes pour les effets antalgiques, voire psychoactifs...) ou de substances illicites (risque accru d’exposition aux surdoses). Le pharmacien d'officine a donc un rôle essentiel dans la prise en charge de cette population. Une brochure professionnelle “Naloxone : antidote des surdoses aux opioïdes, brochure professionnelle, Ministère des solidarités et de la santé ” est à sa disposition sur le site du Cespharm.

La spécialité à base de naloxone disponible à l’officine est le PrenoxadⓇ.

Le pharmacien :

- doit être en mesure de repérer les usagers et patients identifiés à risques  mentionnée dans la fiche  “Naloxone : renforcer son accès, Ministère des solidarités et de la santé ”. Pour les sensibiliser et initier le dialogue, des affiches  et une brochure “grand public” sont disponibles sur le site du Cespharm ,

- dispense Prenoxad Ⓡ :

  • sur prescription du kit lors d’une prescription de TSO en initiation ou à l’occasion de son renouvellement à titre dérogatoire sous certaines conditions (précisé dans ce tableau ),
  • sur prescription médicale du kit lors d’une prescription d’antalgiques opioïdes suite à l’évaluation par le prescripteur du risque de mésusage et de surdose pour le patient (précisé dans ce tableau ),
  • sans prescription : le pharmacien s’entretient avec l’usager afin d’adapter la quantité de kit à délivrer en fonction de sa situation (couple d’usagers, remise d’un kit à un parent /un proche…). ; à noter qu’à cette occasion, le kit est à la charge du patient à risque.

- accompagne la délivrance de messages clés  prévus au chapitre 5-2 de la brochure “Naloxone : antidote des surdoses aux opioïdes, brochure professionnelle, Ministère des solidarités et de la santé ” (signes évocateurs d’une surdose d’opioïdes, facteurs favorisant la survenue d’une surdose, propriétés et mode d’action de la naloxone, conduite à tenir face à une situation nécessitant l'administration de la naloxone...),

- lui rappelle la nécessité de renouveler le kit dès qu’il aura été utilisé.

Comment dispenser les traitements de sevrage nicotinique (TSN) ?

Mesure dérogatoire applicable jusqu’au 10 juillet (inclus)

Face à la médiatisation autour d’une éventuelle action protectrice de la nicotine contre le Covid-19, depuis le 24 avril, la délivrance des TSN est limitée aux quantités nécessaires pour le traitement d’un mois et dans la seule indication du sevrage tabagique (point d'information de l’ANSM ). Le pharmacien doit  inscrire la délivrance dans le dossier pharmaceutique du patient, qu'elle fasse suite ou non à une prescription.

Cette mesure n’a pas d’impact sur le suivi des patients déjà engagés dans une démarche de sevrage tabagique, a fortiori pour les patients bénéficiant d’une prescription de substituts remboursables pour qui la délivrance était de facto déjà limitée à un mois. 

Elle permet d’éviter le mésusage et le risque de pénurie de ces médicaments pour un usage hors AMM en prévention du Covid-19 non scientifiquement prouvé. 

Le pharmacien s’assure  que le patient est bien engagé dans une démarche de sevrage tabagique et, à défaut, le dissuade de l’usage de substituts nicotiniques. Un document d’accompagnement du pharmacien pour de la prise en charge de l’arrêt du tabac est disponible sur le site du Cespharm .

Tous les médicaments de TSN sont concernés par cette limitation : qu’ils soient ou non en libre accès (liste des spécialités en libre accès disponible sur le site Meddispar ). 

Attention : la vente en ligne de ces médicaments est suspendue jusqu’au 10 juillet 2020.

Source :  arrêté du 23 mars 2020

Est-il possible de délivrer directement des médicaments dans le cadre de l’IVG médicamenteuse sur présentation d’une ordonnance nominative ?

Oui. Mesure dérogatoire applicable jusqu’au 10 juillet (inclus) 

Eu égard à la situation sanitaire, depuis le 15 avril et pour tout la durée de l’état d’urgence sanitaire, un pharmacien désigné par la patiente peut dispenser des médicaments de l’IVG médicamenteuse (médicaments à base de mifépristone, misoprostol), normalement réservés à l’usage professionnel, sur une ordonnance nominative transmise par un prescripteur habilité par l’intermédiaire d’un outil numérique.

Les modalités dérogatoires de prescription et de délivrance de tels médicaments sont précisées dans ce tableau  ainsi que sur les fiches Meddispar de chaque spécialité concernée.

Source : arrêté du 23 mars 2020

Est-il possible de substituer un dispositif médical ?

En cas de rupture avérée d'un dispositif médical nécessaire à la continuité des soins d'un patient dont l'interruption pourrait être préjudiciable à sa santé, le pharmacien d'officine délivrant ce dispositif peut substituer le dispositif médical indisponible par un autre dispositif médical, après accord préalable du prescripteur et information du patient. Les conditions de substitution dérogatoire sont synthétisées dans ce tableau .

Source : arrêté du 23 mars 2020

Peut-on effectuer un TROD angine à l’officine ? 

Les autorités de santé recommandent en période épidémique du Coronavirus (stade 3) de ne pas effectuer de TROD angine afin de ne pas inciter les personnes infectées à se présenter dans les pharmacies d’officine pour des symptômes qui pourraient être en lien avec le COVID-19, alors qu’il est recommandé de limiter les déplacements des personnes malades pour limiter le risque de transmission. Cette pratique permettra également d’éviter d’exposer les pharmaciens à un risque de contamination en effectuant le TROD. 

 

Il est rappelé que la technique du port du double masque protège à la fois le professionnel de santé et le patient. C’est une protection équivalente à celle apportée par les masques FFP2 (cf. avis sur les masques de la Société française d’hygiène hospitalière - plus d’informations https://www.sf2h.net/publications/coronavirus-2019-ncov ).

LES STOCKS DE L'ETAT

Des boîtes de masques de protection issues du stock national peuvent être distribuées gratuitement par les pharmacies d'officine aux professionnels ou à certains usagers, en fonction des priorités définies au niveau national pour faire face à la crise sanitaire et des stocks disponibles.

NB : A noter que des approvisionnements se font par des collectivités territoriales (régions, mairies) qui ne constituent pas ipso facto des stocks d’Etat et peuvent suivre des règles de distribution différentes (ex. allocation de la région Ile de France). 

Source : arrêté du 23 mars 2020

Approvisionnement des officines

Source : [DGS-URGENT] 2020-REC-38 . Compte tenu de l’évolution régulière des consignes gouvernementales, les pharmaciens sont invités à consulter régulièrement cette fiche

 

Approvisionnement en masques chirurgicaux

A compter du lundi 15 juin 2020, l’approvisionnement en masques chirurgicaux est organisé par flux tirés (envois à la demande des officines, en fonction de leur consommation réelle). 

Afin de limiter les risques de rupture d’approvisionnement dans la chaîne logistique, trois recommandations doivent être respectées : 

  • les commandes ne peuvent être effectuées qu'au grossiste principal de l'officine ;
  • le volume global de masques chirurgicaux commandé chaque semaine ne peut dépasser 120% de la dernière dotation de l'officine ;
  • chaque commande réalisée au cours de la semaine ne doit pas dépasser* 10 boîtes de masques chirurgicaux (afin d'éviter toute saturation du flux usuel).

* Pour les officines qui ont des besoins hebdomadaires au-dessus de la moyenne des dotations, un fonctionnement exceptionnel peut-être envisagé au cas par cas. Les pharmaciens concernés sont invités à se rapprocher de leur grossiste référent, qui honorera les commandes dans la limite des stocks disponibles. 

Les pharmacies doivent utiliser le code suivant pour effectuer leur commande : 6 249 934 MASQUE CHIR COVID BT50

Approvisionnement en masques FFP2

L’approvisionnement en masques FFP2 passe en flux tiré à partir du 29 juin 2020 auprès des grossistes répartiteurs (envois à la demande des officines, en fonction de leur consommation réelle).

Les pharmacies doivent utiliser le code suivant pour effectuer leur commande : 6 252 194 MASQUE FFP2 COVID BT50.

Chaque commande réalisée au cours de la semaine ne doit pas dépasser 2 boîtes de 50 masques FFP2 (afin d'éviter toute saturation du flux usuel). 

Les pharmaciens d’officine peuvent aussi recevoir certaines dotations par des actions des ARS locales.

Modalité de distribution

Les modalités de distribution sont précisées dans le tableau

Traçabilité

La gestion de la traçabilité de ces nouveaux mouvements n’étant pas encore définie dans la communication du ministère, l’Ordre suggère aux pharmaciens de suivre les stocks par quelques moyens que ce soit dans l’attente des précisions du ministère dans les prochains jours. 

En effet, le ministre et la Cellule de crise Covid-19 ont entendu la demande de simplification exigée par l’Ordre concernant la traçabilité. Les organisations professionnelles sont ainsi en train de proposer de mettre en oeuvre une nouvelle méthode simplifiée qui passera par les logiciels métiers, sans autre opération nécessaire qui serait chronophage.

 

LES MASQUES HORS STOCK D’ETAT 

Les pharmaciens peuvent-ils vendre au public des masques chirurgicaux ? A quel prix ? 

Oui. Les masques chirurgicaux sont des dispositifs médicaux (DM) et font partie de liste des marchandises  dont les pharmaciens d’officine peuvent faire le commerce.  La délivrance doit s'accompagner des conseils adaptés dans le cadre de la protection globale des patients et conformes aux recommandations d'usage.

Le prix de vente au détail ne peut excéder 95 centimes d'euros TTC/unité, y compris en cas de vente en ligne. Ce prix n'inclut pas les éventuels frais de livraison. Ces masques doivent respecter la norme EN 14683.

Sources : arrêté 15 février 2002 , Décret n° 2020-663 du 31 mai 2020  

Note de la DGCCRF  à l’attention des professionnels commercialisant des masques “grand public” et de type chirurgical dans le contexte de la crise sanitaire

Consignes d’utilisation des masques chirurgicaux

Exemple de notice type d’utilisation des masques grand public (version du 15 mai 2020-DGE) .

Attention la douane constate de plus en plus de fraudes sur les importations de masques. 

En savoir plus : 

https://www.douane.gouv.fr/fiche/covid-19-mesures-destinees-assurer-la-fluidite-des-importations-des-masques-et-materiels

https://www.entreprises.gouv.fr/covid-19/approvisionnement-en-masques-et-gel-hydroalcoolique

Les pharmaciens peuvent-ils vendre au public des EPI respiratoires ? A quel prix ? 

Oui, les EPI respiratoires (type FFP) font partie de la liste des marchandises dont les pharmaciens d’officine peuvent faire le commerce. A ce jour leur prix de vente au public n’est pas réglementé.

Le code de déontologie indique que lorsque le pharmacien est appelé à fixer librement les prix pratiqués dans son officine, il doit y procéder avec tact et mesure (R 4235-65 du CSP ).

https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A14040

 

LES MASQUES NON SANITAIRES (“GRAND PUBLIC”)

Le pharmacien d'officine peut-il délivrer des masques non sanitaires ?

Oui, les pharmaciens d’officine sont autorisés à conseiller, dispenser et vendre “Les masques non sanitaires fabriqués selon un processus industriel et répondant aux spécifications techniques applicables” depuis le 26 avril 2020.

Source : arrêté 15 février 2002

Communiqué de presse ONP  du 26 avril 2020

Qu’est-ce qu’un masque non sanitaire ?

Les masques non sanitaires sont des masques en tissu, le plus souvent lavables et réutilisables, destinés à prévenir la projection de gouttelettes et leurs conséquences. 

Ils sont classés en 2 catégories selon leurs propriétés de filtration des particules ≥ à 3 microns : 

  • Catégorie 1 (plus de 90% de filtration) : masques individuels à usage des professionnels en contact avec le public
  • Catégorie 2 (plus de 70% de filtration) : masques à visée collective pour protéger l’ensemble d’un groupe portant ces masques

Des recommandations préciseront le champ d’utilisation des masques “grand public” des catégories 1 et 2.

En savoir plus : 

Comment les pharmaciens d’officine peuvent-ils se procurer des masques non sanitaires fabriqués selon un processus industriel ?

La Direction Générale des Entreprises (DGE) met à disposition sur son site Internet une liste des producteurs de masques non sanitaires et des résultats de leurs tests . Elle est mise à jour régulièrement. 

Quelles informations doivent figurer sur les masques grand public autorisés ? 

  • les performances de filtration sur l’emballage
  • un logo correspondant aux caractéristiques d’utilisation sur le produit ou l’emballage (usage unique ou réutilisable)

filtration-garantie

Les entreprises doivent également mettre à la disposition du public une notice indiquant le mode d’utilisation, de lavage et d’entretien du masque.

Tout distributeur de masque doit s’assurer de la présence de ces mentions et de la présence de cette notice. 

MISE À JOUR DU 17 juin Note de la DGCCRF  à l’attention des professionnels commercialisant des masques “grand public” et de type chirurgical dans le contexte de la crise sanitaire

Les pharmaciens peuvent-ils dispenser des masques non sanitaires fabriqués de manière artisanale ?

Non. Les masques “faits maison” ou fabriqués de manière artisanale (ex: couturière, tapissier … y compris selon le cahier des charges AFNOR) ne peuvent pas être distribués par les officines.

Source : arrêté du 15 février 2002

Comment le pharmacien doit-il adapter la dispensation des masques non sanitaires aux besoins du public ?

Le pharmacien adapte sa dispensation aux besoins de l’usager selon l’utilisation qu’il en fera (catégorie 1 ou 2). Il doit rappeler que leur utilisation s’inscrit dans la stricte application des mesures liées au Covid en complément des gestes barrières (voir l’avis du HCSP ).

Comment doivent-être utilisés les masques non sanitaires ?

Ces recommandations s’appliquent à tous les masques. Il sera rappelé que, dans tous les cas, l’utilisation des masques se fait en complément des gestes barrières.

  • Avant de mettre un masque, se laver les mains à l’eau et au savon ou avec une solution hydroalcoolique
  • Appliquer le masque de façon à recouvrir le nez et la bouche et veillez à l’ajuster au mieux sur votre visage ; vérifier l’absence de jet d’air dans les yeux lors d’une expiration forte
  • Lorsque l’on porte un masque, éviter de le toucher ; ne pas déplacer le masque ; chaque fois que l’on touche un masque usagé, se laver les mains à l’aide à l’eau et au savon ou à l’aide d’une solution hydro-alcoolique
  • Si besoin de boire ou de manger, changer de masque
  • Lorsqu’il s’humidifie, le remplacer par un nouveau masque et ne pas réutiliser des masques à usage unique.
  • Pour retirer le masque : si port de gants, les retirer et se laver les mains avec de l’eau et au savon ou à l’aide d’une solution hydro-alcoolique. Puis, enlever le masque par derrière (ne pas toucher le devant du masque); le jeter immédiatement dans une poubelle fermée; se laver les mains avec de l’eau et au savon ou à l’aide d’une solution hydro-alcoolique

Le port du masque est limité à 4h.

Les masques reconnus comme réutilisables doivent être lavés conformément aux instructions du fabricant.

Le prix de ces masques est-il réglementé ?

A ce jour, non. Le code de déontologie indique que lorsque le pharmacien est appelé à fixer librement les prix pratiqués dans son officine, il doit y procéder avec tact et mesure (R 4235-65 du CSP ).

Autres mesures de protections : le pharmacien peut-il vendre des visières ou écrans faciaux de protection ?

NON. Les visières ou écrans faciaux ne sont pas des équipements de protection individuels respiratoires mais des équipements de protection des yeux et du visage. Les visières de protection ne font pas parties de la liste des marchandises dont les pharmaciens peuvent faire le commerce dans leur officine.

A noter que le Haut conseil pour la santé publique  recommande, en population générale, de ne pas utiliser les visières en remplacement des masques grand public et  de considérer leur emploi seulement en complément du port d’un masque grand public.

Source : arrêté du 15 février 2002

 

Le pharmacien peut-il préparer des solutions hydro-alcooliques (SHA) en officine , selon quel statut ?

Le SHA est un biocide préparé en officine par dérogation temporaire aux textes européens. Ce n’est pas une préparation dite magistrale ou officinale, mais doit être préparée dans les conditions recommandées par l'Organisation mondiale de la santé.

La SHA est à utiliser, lorsque le lavage des mains n’est pas possible. Les produits hydro-alcooliques (gel et solution) sont actuellement les seuls produits disponibles pour l’inactivation rapide et efficace d’un large éventail de micro-organismes présents sur les mains.

Depuis le 7 mars, le pharmacien d'officine peut fabriquer et vendre des solutions hydro-alcooliques (SHA).

Depuis le 24 mars jusqu’au 1er septembre, la préparation se fait selon deux formules, proposées, les types d’alcool à utiliser.

Il est impératif de respecter ces formules, sans ajout ni substitution (aloe vera, huiles essentielles…). 

Les formules possibles sont à base d’éthanol ou d'isopropanol :

Solution hydro-alcoolique de l'Organisation mondiale de la santé à base d'éthanol :

annexe-formule-composition

Solution hydro-alcoolique de l'Organisation mondiale de la santé à base d'isopropanol :

annexe-2-formule-composition

Sources : arrêté du 23 mars 2020

Actualité de l'Ordre : Préparation des produits hydro-alcooliques par les pharmaciens d’officine et de PUI prolongée à titre dérogatoire jusqu’au 1er septembre 2020

 Comment préparer les SHA ? 

Dans un récipient de contenance adaptée,

- introduisez le glycérol, 

- rincez le contenant du glycérol avec une partie de l'éthanol (ou de l’isopropanol, selon la formule appliquée) de la préparation, 

- ajoutez le peroxyde d'hydrogène, l'eau purifiée  puis l'éthanol (ou l’isopropanol) par petites quantités et en mélangeant après chaque ajout. 

- Homogénéisez.

- Si nécessaire, complétez au volume avec de l'eau purifiée.

- Répartissez immédiatement dans des flacons de plus petite contenance en vue de leur dispensation.

La solution est d’aspect : liquide limpide et incolore. 

Une quarantaine de 72 heures est à respecter avant de délivrer les préparations, afin de permettre la destruction des spores éventuellement présentes dans l'alcool.

Les locaux de stockage doivent être équipés d'une ventilation adaptée ou d'une chambre froide.

Les solutions hydro-alcooliques ne doivent pas être produites en quantité supérieure à 50 litres dans des locaux dépourvus de systèmes spécifiques ou appropriés de ventilation.

Il est recommandé au titre des Bonnes Pratiques de Préparation  de mettre en place une échantillothèque. 

Quel est le flaconnage ? 

Le pharmacien d’officine s’approvisionne en flacons neufs auprès de ses fournisseurs habituels.

Quel est l’étiquetage ? 

Les mentions que doit comporter l’étiquette sont les suivantes : 

- Le nom de la solution : « Solution hydro-alcoolique recommandée par l'Organisation mondiale de la santé pour l'antisepsie des mains »

- La composition : « Ethanol - peroxyde d'hydrogène

- glycérol » OU « Isopropanol - peroxyde d'hydrogène - glycérol »

- La concentration en substance active exprimée en V/ V au plus tard pour les lots fabriqués à partir du 31 mai 2020

- Nom de la pharmacie qui a réalisé la solution- Date de fabrication et numéro de lot

- Les conditions de conservation

- La mention : « Pour application cutanée uniquement »

- La mention : « Eviter tout contact avec les yeux »

- La mention : « Maintenir hors de portée des enfants »

- La mention : « Liquide inflammable : tenir éloigné de la chaleur et de toute flamme »

- Le mode d'emploi : « Remplir la paume d'une main avec la solution et frictionner toutes les surfaces des mains jusqu'à ce que la peau soit sèche. »

Combien de temps se conserve une SHA ? 

A température ambiante (15 °C à 25 °C), elle se conserve 2 ans, sauf si l’un des composants a une date de péremption antérieure.

Source : arrêté du 23 mars 2020

Le pharmacien a-t-il des obligations de traçabilité de la fabrication et des ventes des SHA ?

NON, mais il est recommandé de tracer la fabrication en l’enregistrant dans le registre des Préparations de l’officine prévu dans les bonnes pratiques de préparation.

Les solutions hydro-alcooliques n’étant pas des substances listées, la traçabilité de leur vente n’est pas obligatoire.

Le prix des préparations de SHA est-il encadré ?

OUI, ces points ont été précisés par la DGCCRF : Encadrement des prix pour les gels ou solutions hydro-alcooliques, DGCCRF  (qui aborde le prix des solutions hydro-alcooliques préparées par les pharmaciens dans sa FAQ).

Source :  dernière fixation des prix par le décret 2020-663  

Le pharmacien peut-il acheter de l’alcool exonéré en droit d’accise pour fabriquer la solution hydro-alcoolique ?

OUI, selon les démarches administratives prévues et rappelées sur le site douane.gouv.fr .

Rappel sur les droits de douanes et taxes de l’alcool

>> Les droits d’accises s’appliquent pour la vente d’alcool en nature au public à usage thérapeutique. 

>> Pour l’alcool entrant dans la composition de préparations, les droits d’accise ne s’appliquent pas. Le pharmacien doit préciser au fournisseur qu’il utilise l’alcool pour des préparations et non pour le revendre.

Pour en savoir plus : Consulter la fiche professionnelle « Vente d’alcool en officine »

Y a-t-il une dérogation actuelle quant à l’approvisionnement de l’alcool ?

NON,  le pharmacien doit disposer d’une licence UT selon la téléprocédure SOPRANO  pour commander de l’alcool nature exonéré de droits d’accise. En cas de difficulté ou d’urgence particulière, le service local des douanes peut mettre une solution simplifiée et accélérée (déclaration sur papier libre avec régularisation a posteriori).

En vue de justifier l’usage de l’alcool nature à toute demande de la douane, le pharmacien doit tenir une comptabilité matière (conf. fiche professionnelle).

Le pharmacien peut-il vendre au public les composants  des formules OMS (éthanol, eau oxygénée…) ?

OUI, le pharmacien peut de vendre séparément au public les composants de cette solution, en prenant en compte les conditions de droits d’accise et de taxation pour la vente au détail d’alcool ( cf les précisions ci-dessous sur les taxes et droit d’accises).

Pour des raisons de qualité et d’efficacité, le pharmacien ne doit toutefois pas inciter les préparations réalisées au domicile du patient.

 

Qu'en est-il des ordonnances présentées sur un support numérique ou autre ? 

La mise en œuvre de l’e-prescription n'est aujourd'hui pas opérationnelle (mesure introduite dans les textes par la loi santé).

Toutefois, et compte tenu du contexte, le patient ou le médecin doivent théoriquement envoyer ou présenter une ordonnance via un système de transmission sécurisée : par mail, fax ou encore application mobile (par l’intermédiaire du médecin le cas échéant). 

Les prescriptions émises dans ce cadre devront se faire en conformité avec les règles de droit commun de prescription/délivrance et de remboursement, afin d’éviter tout abus et mésusage.

A l’instar d’une dispensation classique, le pharmacien devra :

 

Consulter le Mémo “La gestion de l’Officine”  sur le site consacré à la démarche qualité en officine.

Des modèles d’affiches sont également disponibles sur le site de l’Ordre : 

Comment informer le public ? 

Il est recommandé d’afficher sur les vitrines, et au plus près de l’entrée, les mesures barrières (se laver les mains très régulièrement et à chaque activité, éternuer dans le pli du coude, utiliser des mouchoirs à usage unique, ne pas se serrer les mains, ne pas s’embrasser, garder les distances de sécurité, port des masques dès lors que les règles de distanciation physique ne peuvent être garanties).

Le pharmacien doit continuer à conseiller aux personnes fragiles de ne pas se déplacer, ni venir à l’officine, les inciter à faire appel à des aidants (jeunes, voisins) pour faire leurs courses, proposer - si possible - la mise en place d’un service de préparation des ordonnances sur appel téléphonique, afin de limiter le temps d’attente sur place.

L’affiche est disponible et téléchargeable sur le site du Cespharm .

Consulter le Mémo “La gestion de l’Officine”  sur le site consacré à la démarche qualité en officine.

Comment organiser le flux des patients dans l’officine ? 

Le pharmacien doit continuer à mettre en place les gestes barrières et à respecter les règles de distanciation au sein de l’officine. 

Mettre en place si possible un sens de circulation pour éviter le croisement des usagers dans l’espace : matérialiser à l’aide d’un marquage au sol le sens de circulation et  l’espacement de 1 m pour la file d’attente (à l’intérieur et à l’extérieur de la pharmacie). 

Un affichage doit :

- inviter les patients à respecter la distance de sécurité.

- Inviter les patients ayant des symptômes évocateurs (toux et/ou fièvre et/ou gênes respiratoires et/ou une diarrhée) à se signaler afin de mettre en place des mesures immédiates :

1. Isoler le patient présentant des signes d’infection respiratoire et l’éloigner de la zone de chalandise (être équipé d’un masque ou éloignement >1m pour réaliser cette action)

2. Équiper d’un masque (chirurgical en l’absence de FFP2) le patient et le professionnel de santé ayant pris en charge le patient (principe du double masque soignant/soigné)

3. Inviter le patient à retourner chez lui : lui conseiller de prendre un traitement symptomatique pour faire baisser la fièvre (paracétamol et surtout pas ibuprofène), surveiller l’évolution des symptômes, stopper toute activité sociale, éviter tout contact, appeler si besoin son médecin traitant ou utiliser un dispositif de la téléconsultation. En cas de majoration des signes cliniques (détérioration de la capacité respiratoire, difficulté à respirer, essoufflement), lui conseiller d’appeler le médecin ou le 15.

*se référer au questionnaire d’orientation médicale

Par ailleurs,  les pharmaciens peuvent  conseiller à leurs patients les plus fragiles de les contacter afin qu’ils préparent les renouvellements d’ordonnance avant leur arrivée à l’officine. 

Consulter le Mémo “La gestion de l’Officine”  sur le site consacré à la démarche qualité en officine.

Quelles sont les règles d’organisation de l’espace de vente ?

  • Mettre à disposition du gel/solution hydroalcoolique à l’entrée ou sur les comptoirs.
  • Equiper si possible les postes de vente de moyens permettant de respecter les règles de distanciation : parois plexiglass, marquage au sol  ... Si l’espace de l’officine ne le permet pas, limiter le nombre de personnes présentes à l’intérieur de l’officine.
  • Privilégier le paiement sans contact.
  • Retirer les produits mis en vente sur le comptoir afin d’éviter que les clients ne les touchent, toussent ou postillonnent dessus.
  • Affecter chaque membre de l’équipe à un comptoir de vente fixe, espacés dans la mesure du possible d’1 m entre eux.

Consulter le Mémo “La gestion de l’Officine”  sur le site consacré à la démarche qualité en officine.

Qu’en est-il de la téléconsultation ? 

Dans le contexte actuel, les pharmaciens reçoivent plus d’ordonnances émanant de téléconsultations, les règles ayant été assouplies par le Ministère de la santé compte tenu de la situation. 

La transmission de l'ordonnance se fait en théorie de façon sécurisée. La délivrance de médicaments prescrits à la suite de la téléconsultation se fait en conformité avec les règles de droit commun. Les médicaments sont pris en charge dans les conditions habituelles, le cas échéant.

 

Le pharmacien dispose, sur le site du Cespharm , d’une sélection d’outils pour :

- sensibiliser le public affiches  , flyers  et vidéos  sur les gestes barrières, les modalités d'utilisation et d’élimination des masques, la conduite à tenir en cas de symptômes évocateurs du Covid-19, les tests de dépistage et le maintien des soins hors Covid-19.

- adapter son exercice professionnel : outils pratiques  sur la gestion de l’officine (fiche mémofiche du ministère du travail ) et les mesures dérogatoires de délivrance des produits de santé ( médicaments et dispositifs médicaux concernés , focus sur les médicaments abortifs ).

- assurer la continuité de la prise en charge des patients : fiche professionnelle sur la prise en charge des patients hors Covid-19

Sources : Les outils disponibles ont été élaborés par les Ministères chargés de la Santé ou du Travail, Santé publique France ou les représentants de la Profession (Ordre des pharmaciens, Haut Comité Qualité Officine).

 

Le pharmacien peut-il se faire dépister du COVID-19 ?

Oui. Pour lutter contre l’épidémie en interrompant le plus rapidement possible la chaîne de contamination par des mesures appropriées, le pharmacien peut demander sans prescription médicale, dans le laboratoire de biologie médicale de son choix, un examen de détection du génome du Sars-CoV-2, un examen de recherche des anticorps dirigés contre ce virus ou ces deux examens. Il présente alors sa carte de professionnel de santé ; ces examens sont intégralement pris en charge par l’assurance maladie.

Source : arrêté du 25 juin 2020

Quand le pharmacien titulaire d’officine doit-il déclarer son chiffre d’affaires annuel au directeur de l’ARS ?

Le délai prévu pour déclarer son CA annuel global HT à la valeur ajoutée est reporté au 31 octobre 2020 (arrêté du 31 mars 2020 ).

Cette mesure concerne les titulaires ainsi que les gérants mutualistes et miniers.

> A lire : Actualité “Report au 31 octobre des déclarations des chiffres d'affaires et du nombre de salariés employés en officine”  

Quelles sont les dispositions de déplacement du titulaire et des salariés de l’officine ?

Depuis le 11 mai il n’est plus nécessaire de se munir d’une attestation pour ses déplacements professionnels. A noter : en Ile-de-France, aux heures de pointe, l’accès aux transports en commun est réservé aux personnes munies d’une attestation de déplacement de leur employeur. Cette mesure a été prise à la demande de l’autorité organisatrice des transports (la Région) ; elle pourrait être étendue à une autre métropole si l’autorité responsable localement le demande. 

Source : https://www.prefectures-regions.gouv.fr/ile-de-france/Region-et-institutions/L-action-de-l-Etat/Amenagement-du-territoire-transport-et-environnement/Les-transports-du-quotidien/Deconfinement-les-attestations-pour-se-deplacer-dans-les-transports-en-commun-en-heure-de-pointe  

Le personnel de l’officine peut-il exercer son droit de retrait ? 

Le droit de retrait est encadré par le code du travail et peut être exercé sous certaines conditions. 

Par ailleurs, il faut tenir compte du fait que le personnel de l’officine peut faire partie des personnes fragiles identifiées par le Haut Conseil de la santé publique (voir ci-dessous).

Quelles sont les dispositions spécifiques s’il y a des diabétiques ou d’autres personnes fragiles dans le personnel ? 

Depuis le 18 mars, dans le cadre des mesures de prévention visant à limiter la propagation du coronavirus, il a été décidé de permettre aux personnes présentant certaines fragilités de santé de bénéficier d'un arrêt de travail à titre préventif pour leur permettre de rester à leur domicile.

Le Haut Conseil de la Santé Publique a établi une liste précise des pathologies concernées. Ces pathologies sont les suivantes :

  • Maladies respiratoires chroniques (asthme, bronchite chronique…) ;
  • Insuffisances respiratoires chroniques ;
  • Mucoviscidose ;
  • Insuffisances cardiaques toutes causes ;
  • Maladies des coronaires ;
  • Antécédents d'accident vasculaire cérébral ;
  • Hypertension artérielle ;
  • Insuffisance rénale chronique dialysée ;
  • Diabètes de type 1 insulinodépendant et diabète de type 2 ;
  • Les personnes avec une immunodépression :
  • pathologies cancéreuses et hématologiques, transplantations d'organe et de cellules souches ;
  • hématopoïétiques ;
  • maladies inflammatoires et/ou auto-immunes recevant un traitement immunosuppresseur ;
  • personnes infectées par le VIH ;
  • Maladie hépatique chronique avec cirrhose ;
  • Obésité avec un indice de masse corporelle (IMC) égal ou supérieur à 40. 

Pour ce faire, la personne vulnérable, si elle est en affection longue durée, devra s’enregistrer sur le télé-service « declare.ameli.fr  ». Un arrêt de travail sera alors établi par l’assurance maladie si la personne répond aux critères fixés. 

Si la personne concernée n’est pas en affection longue durée, elle pourra se faire établir un arrêt de travail par son médecin traitant, dans les conditions de droit commun.

Quelles sont les dispositions spécifiques s’il y a des femmes enceintes dans le personnel ? 

Depuis le 18 mars, dans le cadre des mesures de prévention visant à limiter la propagation du coronavirus, il a été décidé de permettre aux femmes enceintes de bénéficier d'un arrêt de travail à titre préventif pour leur permettre de rester à leur domicile.

Pour ce faire, la femme enceinte devra s’enregistrer sur le télé-service « declare.ameli.fr  ». 

Si une officine a été obligée de fermer, l’assurance peut-elle couvrir une perte d’exploitation ? 

Le pharmacien doit se rapprocher de son assureur pour connaître les clauses de son contrat. Certains contrats incluent la prise en charge de la perte d’exploitation si l’ARS ordonne la fermeture de la pharmacie (pour des raisons sanitaires notamment). 

Quelles sont les règles de protection des équipes ? 

Toutes les mesures sont résumées dans le Mémo “La gestion de l’Officine”  sur le site consacré à la démarche qualité en officine.

Le port de masques est recommandé pour tout personnel dans l’espace de vente.

L’usage à titre préventif d’équipements de protection (surblouse, gants) pour les professionnels sans contact rapproché (plus de 15 minutes à moins d’un mètre) avec les malades n’est pas recommandé. 

En officine il n'y a pas d'études qui montrent la nécessité du port des gants à l'occasion notamment de la délivrance des médicaments aux patients. 

Des gants peuvent être utilisés pour certaines tâches qui le nécessite habituellement et pour une très courte durée sans pour autant négliger les mesures de précaution indispensables par ailleurs.

En effet, la réalisation des gestes d’hygiène des mains (lavage, gel) est essentielle. Eviter le port de lentilles de contact et préférer les lunettes, éviter tout contact rapproché avec des personnes présentant des signes d’infection respiratoire, nettoyer très régulièrement les « outils » courants (pinpad CB, claviers, surfaces contacts comptoirs). 

Porter une blouse et la laver régulièrement (en machine à minimum 60°). 

Concernant les visières, le Haut conseil de la santé publique recommande de ne pas utiliser les visières en remplacement des masques.

Elles peuvent être utilisées en complément lorsque les professionnels sont exposés à un risque de projection au niveau du visage et des yeux  (ex. pour certaines situations de contact proche et fréquent avec du public). 

Les visières utilisées doivent répondre à certaines caractéristiques minimales :

  • dimension permettant de couvrir au moins le menton et suffisamment large latéralement pour une protection la plus efficace possible ;
  • matériaux suffisamment résistants ;
  • matériaux permettant un nettoyage/désinfection à l’aide d’eau et du savon ou de lingettes imprégnées d’alcool après chaque utilisation ;
  • bonne transparence du matériau.

Pour rappel, toute manipulation d’une visière doit être précédée et suivie d’une hygiène des mains. 

Source : HCSP

Quelles sont les règles de nettoyage des locaux ? 

- Pour désinfecter les surfaces fréquemment touchées : utiliser des lingettes ou des produits de nettoyage désinfectants virucides (norme NF 14 476), ou avec d'autres produits comme l'eau de Javel à la concentration virucide de 0,5% de chlore actif (par exemple 1 litre de Javel à 2,6% + 4 litres d'eau froide)

- Pour le nettoyage quotidien des surfaces : utiliser des produits contenant un tensioactif (solubilisant les lipides) présent dans les savons, les dégraissants, les détergents et les détachants. Outre son activité de dégraissage des surfaces, le tensioactif va également dégrader les lipides de l'enveloppe du virus SRAS-CoV-2 et ainsi l'inactiver. La désinfection quotidienne des surfaces n’est pas recommandée. 

- Les salariés effectuant les opérations de nettoyage seront équipés de leurs EPI usuels

- Rédiger et afficher les protocoles de nettoyage/désinfection (fréquence, produits, protection, etc.) et tenir un cahier de traçabilité des nettoyages

- Si possible, aérer régulièrement l’espace de vente et les locaux de travail 

Source : HCSP

Quelles mesures mettre en place au retour au domicile pour la protection de l'entourage ? 

Une fois la journée terminée, les précautions à prendre pour la protection de l’entourage, basées sur les dernières théories qui indiquent que le SARS-CoV-2 survit environ 24h sur du carton, 2 à 3 jours sur du plastique ou de l’inox : 

  • Maintenir à la maison les gestes barrières
  • En arrivant au domicile, se laver les mains avant de toucher n’importe quel objet (poignées de porte par exemple), enlever ses chaussures, les déposer dans un espace réservé avec ses objets personnels en quarantaine jusqu’au lendemain 
  • Nettoyer les téléphones, lunettes avec des solutions désinfectantes appropriées
  • Les vêtements contact de la pharmacie (blouses) doivent être nettoyés en machine à minimum 60°.

Quelles formations proposer à l’équipe officinale ? 

Un outil de formation à destination des professionnels a été élaboré par l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP), en lien avec la mission nationale de coordination du risque épidémique et biologique (COREB), l’association nationale des centres d’enseignement des soins d’urgence (ANCESU), les Sociétés savantes (SPILF, SF2H, ) et l’Institut Pasteur.

Ce corpus de « capsules vidéo » disponible sur la page Covid-19 du site du Ministère des solidarités et de la santé  s'enrichit progressivement. 

Des étudiants peuvent-ils venir en renfort dans les officines ? 

L’Ordre et L'Association Nationale des Etudiants en Pharmacie de France (ANEPF) ont mis en place un dispositif temporaire de mise en relation étudiant – pharmacie « Pharm’Help », accessible à partir de la plateforme de l’Ordre « e-POP » ; les pharmaciens peuvent y renseigner leurs besoins en renforts et les étudiants peuvent offrir leur candidature. Le dispositif est accessible aux étudiants en pharmacie à partir de la 3ème année d’étude, dès lors qu’ils ont bien validé leur stage officinal d’initiation.

Lien pour les pharmaciens : https://e-pop.ordre.pharmacien.fr

Lien pour les étudiants : https://www.pharmhelp.anepf.org

Il est rappelé que les dispositions du code de déontologie s’appliquent aux étudiants, dans les conditions de l’article R. 4235-1 du code de la santé publique.

Consignes pour les étudiants actuellement en stage de pratique professionnelle de 6è année officine :

Les étudiants doivent poursuivre leur stage

Aucune initiative personnelle d'abandon de stage ne doit être entreprise. Il convient nécessairement dans ce cas d’en avertir préalablement l’ensemble des parties concernées (pharmacien maître de stage, enseignant responsable des stages de 6ème année officine, doyen et scolarité de la faculté de pharmacie).

Les exceptions :

  1. Les étudiants en situation de fragilité au sens des préconisations du haut comité en santé publique .
  2. Les étudiants symptomatiques Covid-19 ou ayant été en contact avec des patients symptomatiques Covid-19. 

Pour ces cas particuliers, les facultés définiront des modalités de 'rattrapage' afin que les étudiants concernés ne soient pas pénalisés.

Possibilités pour un diplômé ou un étudiant en pharmacie d’assurer une mission de renfort

De nombreux confrères ou étudiants se sont manifestés auprès de l’Ordre en proposant leurs services afin d’aider des pharmaciens. L’Ordre salue ce volontariat qui peut prendre plusieurs formes, et notamment en reprenant un exercice pharmaceutique.

L’inscription est conditionnée à l’exercice dans une structure autorisée. En l’absence d’activité prévue, l’inscription au Tableau n’est pas possible.

Aucune mesure dérogatoire pour l’exercice pharmaceutique ne s’applique à ce jour dans le cadre de la crise “Covid 19”. Cet exercice nécessite donc d’être inscrit au Tableau de l’Ordre afin de garantir les conditions de diplôme, de compétence, de moralité, d’indépendance.

Qu’il s’agisse d'une première inscription ou d’une réinscription au tableau de l’ordre, la demande est à adresser à : 

Pour les pharmaciens adjoints en officine ou relevant de la section D (en métropole) : webd@ordre.pharmacien.fr

Pour les pharmaciens de l’Outre-mer tous métiers confondus : webe@ordre.pharmacien.fr

La liste des pièces à fournir est disponible sur le site Internet de l’Ordre des pharmaciens , en fonction du métier exercé et/ou du lieu d’exercice.

Le Conseil saisi d'une demande d'inscription pourra notamment souhaiter vérifier l’actualisation des connaissances à l’appui de justificatifs à fournir (en cas de radiation de longue date notamment) (cf. article L. 4231-1 et R. 4222-4-1 II du code de la santé publique).

 

Un dispositif de signalement des violences intrafamiliales via les pharmacies d’officine a été mis au point par le Ministère de l’Intérieur avec l’appui de  l’Ordre national des pharmaciens. Cette démarche intervient dans le contexte actuel de confinement lié à l’épidémie Covid-19, générant une forte hausse des signalements de violences.

Le nombre de signalements de violences familiales a bondi de plus de 30 % durant les premières semaines de confinement. Dans ce contexte singulier et contraignant, le pharmacien peut être amené à entrer en relation avec des victimes ou des témoins de violences intrafamiliales. En tant que professionnel de premier recours, il constitue légitimement un point d'appui possible pour alerter les forces de l’ordre. De plus, grâce au  maillage territorial, les pharmacies sont au plus près des personnes concernées et une pharmacie est toujours disponible 7j/7, 24h/24.

Dans ce contexte, le Ministère de l’Intérieur, en lien avec l’Ordre national des pharmaciens et les représentants de la profession, a mis en place un dispositif au sein des pharmacies, inspiré d’expériences européennes (Espagne notamment), pour alerter les forces de l’ordre dans des situations de violences intrafamiliales et leur permettre, le cas échéant, d’intervenir en urgence. 

L’Ordre national des pharmaciens est conscient que les équipes officinales sont déjà extrêmement mobilisées dans le contexte actuel d’épidémie de Covid-19, mais le contact qu’elles continuent d’entretenir avec leurs patients “rend leur rôle indispensable à cet égard”. Ce dispositif est un complément aux numéros d’appel 39 19 (Violences femmes info) et 119 (Allo enfance maltraitée). 

Une “fiche réflexe” détaillant la marche à suivre face à une personne évoquant spontanément être victime ou témoin de violences familiales, ainsi que plusieurs outils de communication sont mis à la disposition des pharmaciens via le Cespharm  pour les accompagner dans ce cadre.

 

La sécurité des pharmaciens et des officines : 

En cas d'agression les pharmaciens peuvent déclarer celle-ci et consulter la fiche réflexe mise à disposition par l'Ordre, à l’adresse suivante : https://services.ordre.pharmacien.fr/extranet/Vos-demarches-et-formulaires/Declarer-une-agression

Vol de caducée de pharmacien et carte professionnelle :

L'Ordre a été informé de vols de caducée. Il est recommandé aux pharmaciens de veiller à ce que leurs caducée et carte professionnelle soient en lieu sûr, car ceux-ci peuvent tenter des personnes mal intentionnées.

Sur un plan plus général, la police et la gendarmerie nationales proposent chacune une fiche conseils à l’attention des personnels soignants intitulée : « Conseils de prévention pour les personnels soignants ». Elles sont en ligne et téléchargeables sur les pages dédiées à l’ONVS (documentation pratique) du ministère des solidarités et de la santé .

 

Date de mise à jour : 26/06/2020