Foire aux questions - Pharmaciens d'officine

Compte tenu de l’évolution de la situation d’heure en heure, la foire aux questions est régulièrement actualisée. Merci de tenir compte de la date de mise à jour indiquée. 

Mise à jour 04/04/2020 : 

  • mise à disposition des caducées 2020 dans e-pop pour les pharmaciens à jour de leur cotisation permettant aux pharmaciens de justifier de leur exercice en cas de contrôle par les forces de l’ordre lors de leurs déplacements professionnels. 
  • rubrique sur le signalement de violences intrafamiliales via les officines

Source :  Arrêté du 1er avril 2020 complétant l'arrêté du 23 mars 2020 prescrivant les mesures d'organisation et de fonctionnement du système de santé nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire

 

SOMMAIRE : 

 

Eu égard à la situation sanitaire actuelle, afin d’éviter toute interruption de traitement préjudiciable à la santé du patient, les officines et les pharmacies à usage intérieur peuvent dispenser un traitement chronique au-delà du cadre prévu de la délivrance par la procédure exceptionnelle.

Les modalités ont été précisées par l’arrêté du 14 mars 2020  modifié le 17 mars, et les extensions à certaines catégories de médicaments, de produits ou de prestations par les arrêtés du 19 mars 2020 .(Cf. article 6 ), du 23 mars 2020  (Cf. article 4) et du 1er avril 2020 .

L’impact de ces mesures dérogatoires sur la dispensation est synthétisé dans ce tableau et dans la fiche mise à disposition par le Ministère des solidarités et de la santé qui aborde également d’autres mesures dérogatoires relatives aux contraceptifs, stylos d’adrénaline et les spécialités à base de glucagon. 

Les pharmacies à usage intérieur (PUI) peuvent-elle délivrer des traitements ?

Oui, la possibilité de renouvellement à titre exceptionnel est étendue aux PUI autorisées à vendre des médicaments au public ; certains médicaments ont un double circuit de dispensation “ville” et “hôpital” ; le pharmacien d’officine peut vérifier si un médicament est rétrocédable par ces PUI en consultant sa fiche dédiée sur le site meddispar  (onglet “identité”).

Le patient peut-il avoir recours à son officine pour avoir accès à son traitement normalement délivré par une pharmacie à usage intérieur (PUI) ?

Oui.

Pour rappel, le renouvellement à titre exceptionnel s’applique également aux PUI autorisées à la vente des médicaments au public, ainsi qu’aux PUI délivrant des médicaments sous ATU ou bénéficiant des dispositions “post-ATU” prévues  à l’article L.162-16-5-2 du CSS .

Un patient dans l’impossibilité de se déplacer à la PUI sollicite une pharmacie d’officine de son choix, proche de son domicile :

  • la pharmacie transmet par voie dématérialisée une copie de l’ordonnance à la PUI ayant procédé au dernier renouvellement du médicament ;
  • la PUI dispense et facture à l’assurance maladie le médicament ;
  • la PUI  prépare le traitement (emballage garant de la confidentialité, de la bonne conservation du médicament, de la sécurité du transport) et le confie à un grossiste répartiteur en capacité d’assurer la livraison dans les meilleurs délais à la pharmacie désignée ;
  • au moment de la délivrance, la pharmacie appose sur l’ordonnance timbre et date de délivrance. Elle adresse une copie en retour à la PUI.

Jusqu’à quelle date cette mesure dérogatoire s’applique-t-elle ?

- la délivrance des traitements de médicaments est renouvelable jusqu'au 31 mai 2020

- la délivrance des produits et prestations LPP : jusqu’au 15 avril 2020

 

DISPENSATION DES MÉDICAMENTS ET AUTRES PRODUITS DE SANTÉ

Est-il possible de substituer un dispositif médical ?

À ce jour, la  réglementation prévoit la substitution uniquement pour certaines catégories de médicaments et sous certaines conditions.Cependant, eu égard à la situation sanitaire actuelle, en cas de rupture avérée d'un dispositif médical nécessaire à la continuité des soins d'un patient dont l'interruption pourrait être préjudiciable à sa santé, le pharmacien d'officine délivrant ce dispositif peut substituer le dispositif médical indisponible par un autre dispositif médical. Les conditions de substitution dérogatoire sont synthétisées dans ce tableau .

Qu'en est-il des ordonnances présentées sur un support numérique ou autre ? 

La mise en œuvre de l’e-prescription n'est aujourd'hui pas opérationnelle (mesure introduite dans les textes par la loi santé).

Toutefois, pour prévenir le risque de contamination au sein de l'officine et compte tenu du contexte, le patient doit pouvoir envoyer ou présenter une ordonnance via un système de transmission sécurisée : par mail, fax ou encore application mobile (par l’intermédiaire du médecin le cas échéant). 

Ceci permettra notamment au pharmacien de préparer l'ordonnance et de porter au patient son traitement, sans contact direct avec lui, en tant que de besoin. 

A l’instar d’une dispensation classique, le pharmacien devra :

La délivrance de médicaments prescrits dans ce cadre devra se faire en conformité avec les règles de droit commun de prescription/délivrance et de remboursement, afin d’éviter tout abus et mésusage.

Que faire en cas de demande de médicament en quantité anormalement élevée ?

Il convient de rassurer la personne et adopter un comportement éthique et de ne pas favoriser ainsi le risque de pénurie ou de rupture. Le pharmacien ne doit pas, par quelque procédé ou moyen que ce soit, inciter ses patients à une consommation abusive de médicaments. (art R 4235-64 du CSP).

Que faire en cas de demande de paracétamol ?

A compter du 18 mars et ce jusqu'au 15 avril 2020 les pharmaciens ne peuvent délivrer sans ordonnance que :

- 1 seule boite de paracétamol (500 mg ou 1g) par patient ne présentant aucun symptôme,

- 2 boites (500 mg ou 1g) en cas de symptômes (douleurs et/ou fièvre).

Les délivrances de paracétamol sans ordonnance sont inscrites dans le dossier pharmaceutique pour tracer le nombre de boîtes délivrées lorsque le patient en dispose et s’il présente sa carte vitale.

Dans le cas contraire, nous recommandons d’enregistrer la dispensation dans le LAD de l’officine dans la fiche patient (la créer si nécessaire).

Cette mesure de l’ANSM  permet de garantir la disponibilité du paracétamol en évitant tout stockage inutile chez le patient. Limiter la délivrance de paracétamol permet aussi d’éviter toute mauvaise utilisation. Le pharmacien est là pour rappeler le bon usage du paracétamol (ne pas dépasser la dose de 60 mg/kg/jour et de 3 g/jour voire 4g sur recommandation du médecin en fonction du Résumé des Caractéristiques du Produit).

Par arrêté du 17 mars 2020 , la vente par internet des spécialités composées exclusivement de paracétamol est suspendue. 

Le pharmacien peut-il conseiller de l’ibuprofène ou de l'aspirine ?

Rappelons que les anti-inflammatoires non stéroïdiens (dont l’ibuprofène) peuvent masquer une infection et potentiellement avoir un effet aggravant dans certaines situations. Des évènements indésirables graves liés à l’utilisation des AINS ont été signalés chez des patients atteints de COVID19, cas possibles ou confirmés . Le traitement d’une fièvre mal tolérée ou de douleurs dans le cadre du COVID19 ou de toute autre virose respiratoire repose sur le paracétamol, les AINS doivent être proscrits.

Par arrêté du 17 mars 2020 , la vente par internet des spécialités composées exclusivement d'ibuprofène et d'acide acétylsalicylique (aspirine) est suspendue. 

Pour en savoir plus : arrêté du 17 mars 2020DGS Urgent du 14 mars 2020

Le patient peut-il continuer son traitement de corticoïdes ?

A l’inverse des AINS, les patients sous corticoïdes ou autres immunosuppresseurs pour une pathologie chronique ne doivent pas interrompre leur traitement, sauf avis contraire du médecin qui les suit pour cette pathologie. 

Le pharmacien peut-il délivrer une demande spontanée d’hydroxychloroquine (PLAQUENIL) ?

Non, l’hydroxychloroquine est une substance inscrite sur la liste II des substances vénéneuses depuis janvier 2020. Ce médicament ne peut être dispensé que sur présentation d’une ordonnance même si les boites détenues ou reçues à l’officine ne sont pas encore étiquetées “liste II”(cadre vert).

Attention des cas de toxicité cardiaque ont été signalés  suite à des prises en automédication de Plaquenil® (hydroxychloroquine) face à des symptômes évocateurs du Covid-19, ayant parfois nécessité une hospitalisation en réanimation.

Le réseau des centres régionaux de pharmacovigilance a rappelé les risques associés sur son site internet .

Comment gérer la dispensation des prescriptions d’hydroxychlorique (PLAQUENIL) dans ses indications habituelles (lupus, polyarthrite rhumatoïde..) à l’officine ?

Les  pharmaciens d’officine honorent uniquement les prescriptions dans le respect des indications de son autorisation de mise sur le marché, à savoir le traitement de maladies articulaires d'origine inflammatoire, telles que la polyarthrite rhumatoïde, ou d'autres maladies telles que le lupus ou en prévention des lucites.

Les prescriptions initiales doivent émaner de rhumatologues, internistes, dermatologues, néphrologues, neurologues et pédiatres et les renouvellements peuvent émaner de tout médecin.

Comment gérer la dispensation des prescriptions de préparations magistrales à base d’hydroxychloroquine à l’officine ?

Les pharmaciens d’officine appliquent les mêmes modalités de dispensation que pour le PLAQUENIL dans ses indications habituelles (cf ci-dessus) .

Comment gérer la dispensation de lopinavir/ritonavir (KALETRA et son générique) dans ses indications habituelles à l’officine ?

L’ANSM demande aux pharmaciens d’officine d’honorer uniquement les prescriptions initiales hospitalières et les renouvellements d’ordonnances émanant de tout médecin. 

Des tensions d’approvisionnement ont été signalées par l’ANSM sur KALETRA : https://www.ansm.sante.fr/S-informer/Informations-de-securite-Ruptures-de-stock-des-medicaments/KALETRA-80-mg-20-mg-ml-solution-buvable-KALETRA-100-mg-25-mg-et-KALETRA-200-mg-50-mg-comprime-pellicule-Tensions-d-approvisionnement

Le pharmacien d’officine peut-il honorer une prescription d’hydroxychloroquine (PLAQUENIL) ou de lopinavir/ritonavir (KALETRA et son générique)  hors amm en cas de Covid-19 ?

Non. Les traitements associant hydrochloroquine (PLAQUENIL) et lopinavir/ritonavir (KALETRA et génériques) sont réservés à la prise en charge des patients atteints par le  COVID-19 à l’hôpital ainsi qu’à la poursuite de leur traitement à domicile si leur état le permet. Ces prescriptions interviennent, après décision collégiale, dans le respect des recommandations du Haut conseil de la santé publique.   Leur dispensation est réservée aux  pharmacies à usage intérieur (PUI).

En aucun cas ces médicaments ne doivent être utilisés ni sur prescription d’un médecin de ville, ni en auto-prescription d’un médecin pour lui-même, pour le traitement du COVID-19.

Pour en savoir plus : Plaquenil et Kaletra : les traitements testés pour soigner les patients COVID-19 ne doivent être utilisés qu’à l’hôpital - Point d'information ANSM du 30 mars 2020

Quelles sont les règles dérogatoires de dispensation du Rivotril (clonazépam) injectable dans le contexte COVID 19 ?

La spécialité RIVOTRIL 1 mg/1 ml, solutions à diluer injectables en ampoules (clonazépam) peut faire l'objet d'une dispensation en officine pour les patients dont l'état clinique le justifie au regard des recommandations de prise en charge palliative de la détresse respiratoire, établies par la société française d'accompagnement et de soins palliatifs  (indication thérapeutique HAMM : prise en charge des états dyspnéiques et des détresses respiratoires pour les patients présentant une forme grave de COVID-19 et ne pouvant pas bénéficier d'une d’hospitalisation en service de réanimation ou pour lesquels une décision de limitation de traitements actifs a été prise). 

L’ordonnance doit mentionner : “Prescription Hors AMM dans le cadre du covid-19”.

Le taux de remboursement dans ce cas est de 100 %.

Cette dérogation est possible jusqu’au 15 avril 2020. 

Peut-on effectuer un TROD angine à l’officine ? 

Les autorités de santé recommandent en période épidémique du Coronavirus (stade 3) de ne pas effectuer de TROD angine afin de ne pas inciter les personnes infectées à se présenter dans les pharmacies d’officine pour des symptômes qui pourraient être en lien avec le COVID-19, alors qu’il est recommandé de limiter les déplacements des personnes malades pour limiter le risque de transmission. Cette pratique permettra également d’éviter d’exposer les pharmaciens à un risque de contamination en effectuant le TROD. 

Qu’en est-il des risques  de rupture de médicaments ?

Aucune rupture liée au covid-19 n’est annoncée. Les autorités sont activement en contact avec les laboratoires pharmaceutiques. Les laboratoires, fabricants, distributeurs en gros sont tous dotés de plan de continuité d’activité. Ces plans sont déclenchés au sein de l’ensemble des entreprises pour livrer les officines dans les meilleures conditions possibles. 

Lorsqu'un médicament commandé n'est pas livré par le grossiste, et que ce défaut d'approvisionnement perdure au cours des 72h, le logiciel effectue le signalement de rupture automatiquement.

Rappelons que le pharmacien est en capacité de déclarer manuellement toute rupture de médicaments observée, soit via son logiciel si celui-ci intègre DP-Ruptures, soit via le portail que peut lui mettre à disposition le CNOP sur simple demande. 

Comment assurer la continuité d'approvisionnement des EHPAD sans PUI ?

Face à la situation sanitaire actuelle, il est utile de rappeler que :

- Les EHPAD hébergent un public fragile et vulnérable face au virus qu’il convient de particulièrement protéger. Les directeurs de ces établissements sont garants de la protection de leurs résidents.
- Les pharmaciens d'officine doivent assurer la continuité de l'approvisionnement en médicaments et autres produits de santé à l'ensemble de la population. Ils ne peuvent exposer les patients de l'EHPAD en y allant travailler. 

Dans ce contexte, l'Ordre préconise  :

- Que des avenants aux conventions d'approvisionnement soient élaborés au cas par cas pendant la période de crise et d'interdiction d'accès aux EHPAD.

- L'approvisionnement en paquets scellés avec une livraison à l'établissement limitant le contact avec le personnel de l’EHPAD.

- Pour les officines qui réalisent habituellement la PDA dans leurs locaux, nous rappelons que la PDA peut être réalisée dans le préparatoire mais de manière non simultanée à la réalisation de préparations pharmaceutiques (R 5125-9 du CSP)

- Si la PDA était habituellement réalisée dans l’EHPAD, il revient au pharmacien d’évaluer la faisabilité de la PDA dans son officine durant cette période tendue.

 

 

Il est rappelé que la technique du port du double masque protège à la fois le professionnel de santé et le patient. C’est une protection équivalente à celle apportée par les masques FFP2 (cf. avis sur les masques de la Société française d’hygiène hospitalière - plus d’informations https://www.sf2h.net/publications/coronavirus-2019-ncov ).

LES STOCKS DE L'ETAT

Approvisionnement des pharmacies

Après une première dotation des masques du stock d’Etat dans les officines organisée par le biais des grossistes répartiteurs de façon uniforme sur tout le territoire, une deuxième dotation est arrivée dans chaque officine (via la société Géodis) censée couvrir une période de deux semaines. 

Une troisième distribution de masques chirurgicaux et de FFP2 issus du stock d’Etat via le réseau des grossistes répartiteurs est attendue au cours de cette semaine (semaine du 30 mars 2020).

Source : [DGS-URGENT] 2020-INF-18  

Consulter le dernier document d’information  relatif à la distribution des masques aux professionnels de santé.

Les dotations sont désormais définies à la fois sur la base de la situation épidémique et de l'activité de la pharmacie 

La cellule de crise de Santé Publique France a pour mission d’organiser cette distribution et la profession a proposé que l’on revienne à une logistique pharmaceutique avec flux poussé. 

Ce n’est pas forcément le grossiste principal de l'officine qui assurera cette nouvelle distribution mais comme la première fois le grossiste désigné afin d’éviter les doublons. 

Ponctuellement les pharmaciens reçoivent aussi, après l’appel des pouvoirs publics, des dons de masques divers (pour les dons reçus en officine, il est important de vérifier l'intégrité et le marquage CE des masques).

Les pharmaciens d’officine peuvent aussi recevoir certaines dotations par des actions des ARS locales.

Traçabilité

Quelle que soit leur provenance, pour les masques FFP2 ou chirurgicaux reçus à l'officine, il est vivement recommandé à chaque pharmacien d’officine d'assurer la traçabilité de ces approvisionnements (date, provenance et quantité). Concernant la distribution de ces masques, la traçabilité doit être effectuée dans le tableau fourni par la CNAM.

Concernant la distribution de ces masques, un nouvel outil plus performant est à l'étude à la CNAM et devrait être mis à disposition des pharmaciens cette semaine (semaine 14). Dans l'attente, il est recommandé de continuer à conserver une traçabilité à l'aide du tableau de la circulaire de la CNAM, cette traçabilité permettra de contrôler la bonne répartition des dotations à chaque professionnel de santé et, à terme, servira pour ajuster les dotations à chaque officine. 

Les tableaux ainsi remplis devraient être renvoyés par mail à votre CPAM départementale chaque vendredi après-midi.

> Télécharger le tableau de traçabilité à compléter

Il n’est pas nécessaire d’envoyer copie à votre grossiste.

Modalité de distribution

Quelle que soit leur provenance, les masques FFP2 ou chirurgicaux reçus à l'officine doivent être attribués gratuitement aux professionnels en fonction des directives définies au niveau national par le ministère des Solidarités et de la Santé (dernière liste DGS Urgent ).

La distribution est assurée sur présentation d'un justificatif de l'une de ces qualités des professionnels de ville  concernés (carte de professionnel de santé, bulletin de salaire, N° Adéli pour les infirmières).

Utilisation des masques issus des stocks de l’Etat

Comment utiliser le stock de l’Etat ? Les pharmaciens peuvent-ils utiliser les masques pour eux, pour les patients, peuvent-ils honorer les prescriptions des médecins ?

Les pharmaciens délivrent les masques et assurent un suivi des quantités remises aux professionnels prioritaires.

Le pharmacien doit distinguer les boîtes de masques de son stock habituel en apposant sur le conditionnement des masques une étiquette stipulant " stock Etat ".

Pour assurer le suivi fin des quantités remises à chaque professionnel et éviter une déperdition du stock de ces équipements prioritaires et rares, les pharmaciens sont destinataires par OSMOSE d'un document de traçabilité.

> Télécharger le tableau de traçabilité à compléter

Le [DGS-URGENT] 2020-INF-18  annonce qu’un nouveau stock d’état de masques chirurgicaux et FFP2 sera livré aux officines au cours de la semaine du 30 mars 2020 .

Les dotations sont désormais définies à la fois sur la base de la situation épidémique et de l'activité de la pharmacie. 

Ce nouvel envoi correspond à la dotation hebdomadaire prévue pour les professionnels de ville sur l’ensemble du territoire national  selon les modalités suivantes  (l’ordre dans lequel apparaissent les professionnels ci-dessous ne constitue pas un ordre de priorité) : 

  • Médecins, biologistes médicaux et IDE : 18 masques par semaine et par professionnel, dont 6 masques FFP2 maximum par semaine dans le strict respect des indications et selon les disponibilités ; 
  • Pharmaciens : 18 masques chirurgicaux par semaine et par professionnel ; 
  • Sages-femmes : 6 masques chirurgicaux par semaine  et par sage-femme ; 
  • Masseurs-kinésithérapeutes : 6 masques par semaine et par professionnel, dont 2 masques FFP2 maximum par semaine dans le strict respect des indications et selon les disponibilités, pour la réalisation des actes prioritaires et non reportables ; 

Cette livraison ne concerne pas :

  • Les chirurgiens-dentistes pour lesquels une organisation spécifique est mise en place, en lien avec l’Ordre National des Chirurgiens-Dentistes, pour délivrer les masques pour ces professionnels et leur permettre d’assurer les soins urgents ;
  • Les services d’aide et de soins à domicile et les prestataires de services et distributeur de matériels qui sont désormais approvisionnés par un autre circuit

> Consulter les recommandations de protection des professionnels de santé  

Comment honorer les prescriptions de masques ? 

La Direction générale de la Santé a donné des consignes claires de ne pas honorer les prescriptions médicales de masques. Ceux-ci doivent être donnés aux professionnels prioritaires. A ce jour, si un médecin juge nécessaire que le patient porte un masque, il doit lui en donner un issu de son propre stock.

Les masques des stocks d’Etat dont la péremption est proche peuvent-ils être utilisés ? 

Certains masques périment en mars 2020, ils protègent et ne doivent pas être jetés. Ils doivent être donnés en priorité.

Existe-t-il une liste de priorité pour la distribution des masques d’Etat ?

Selon le [DGS-URGENT] 2020-INF-18  la troisième dotation (envoyée dans les officines à partir de la semaine 14) concerne l’ensemble du territoire national et l’ordre dans lequel apparaissent les professionnels ci-dessous ne constitue pas un ordre de priorité :

  • Médecins, biologistes médicaux et IDE : 18 masques par semaine et par professionnel, dont 6 masques FFP2 maximum par semaine dans le strict respect des indications et selon les disponibilités ; 
  • Pharmaciens : 18 masques chirurgicaux par semaine et par professionnel ; 
  • Sages-femmes : 6 masques chirurgicaux par semaine  et par sage-femme ;
  • Masseurs-kinésithérapeutes : 6 masques par semaine et par professionnel, dont 2 masques FFP2 maximum par semaine dans le strict respect des indications et selon les disponibilités, pour la réalisation des actes prioritaires et non reportables ;

Existe-t’il une liste des zones d’exposition à risque reconnues au plan national ?

La liste des « zones d’exposition à risque » est disponible sur le site de Santé Publique France  (version du 3 avril 2020).

Pour l'obtenir, le pharmacien doit cliquer sur le lien "Zones d'exposition à risque" dans l'encart de droite intitulé "A télécharger". Cette liste est régulièrement mise à jour. 

Depuis le 3 avril, tous les départements français (métropole et outre-mer) sont des "zones d'exposition à risque" .

Comment est assurée la traçabilité de la répartition des masques aux professionnels de santé ?

Pour assurer le suivi fin des quantités remises à chaque professionnel et éviter une déperdition du stock de ces équipements prioritaires et rares, les pharmaciens sont destinataires par OSMOSE d'un document de traçabilité.

Les boîtes de masques livrées doivent être ouvertes afin de donner la quantité correspondante à chaque praticien pour une semaine à l’unité.

A chaque délivrance, le pharmacien complète ce document unique de traçabilité qui comprend :

- la date de la délivrance,

- le nom et prénom du professionnel de santé, 

- le numéro RPPS du professionnel de santé,

- le numéro ADELI du professionnel de santé (si pas de numéro RPPS),

- le numéro FINESS si la délivrance est pour un centre de santé ;

- la quantité délivrée en nombre de masques,

Pour les professionnels de santé qui travaillent dans des centres de santé, la délivrance des masques se fait en indiquant à la fois le numéro FINESS de la structure et celui des professionnels concernés.

Un nouvel outil plus performant est à l'étude à la CNAM et devrait être mis à disposition des pharmaciens cette semaine (semaine 14). Dans l'attente, il est recommandé de continuer à conserver une traçabilité à l'aide du tableau de la circulaire de la CNAM, cette traçabilité permettra de contrôler la bonne répartition des dotations à chaque professionnel de santé et, à terme, servira pour ajuster les dotations à chaque officine. 

Les pharmaciens doivent-ils apporter les masques aux autres professionnels de santé qui ne sont pas venus les chercher à l’officine ? 

C’est aux professionnels de santé de ville (libéraux et salariés de centres de santé) et autres de venir s’approvisionner en pharmacie. 

Peut-on donner un stock d'état de masques à une infirmière d’établissement scolaire, professionnels de santé d'EHPAD, responsable BPDO, ambulancier, pompier … ?

L’approvisionnement se fait par un autre circuit.

Quid du déconditionnement des boîtes de masques ?

Le pharmacien doit délivrer aux professionnels concernés les quantités de masques hebdomadaires fixées par les règles de la lettre réseau de la CNAM : délivrance en ville des masques complétée par le [DGS-URGENT] 2020-INF-18  : ce qui implique donc un déconditionnement.

A chaque délivrance, le pharmacien doit compléter un document unique de traçabilité (voir ci-dessus).

Les masques peuvent- ils être réutilisés ?

Au regard de la situation épidémiologique et des stocks de masques disponibles, la Société Française d'Hygiène Hospitalière (SF2H) recommande, dans son avis du 14 mars 2020  :

- de ne pas réutiliser un masque dès lors qu’il a été manipulé et ôté du visage  ;

- d’autoriser le port du même masque pour plusieurs patients sans dépasser une durée maximale de 4 heures  pour les masques chirurgicaux (selon la notice d'utilisation du fabricant).

Elle rappelle par ailleurs la nécessité de respecter les conditions d’utilisation ainsi que les bonnes pratiques d’élimination des masques (notamment une hygiène des mains après retrait et élimination du masque) pour éviter d'augmenter le risque de transmission.

 

LES MASQUES DE PROTECTION DE TYPE FFP1 (MASQUES COQUILLES)

Quid des masques FFP1, dits masques coquilles ?

Les masques coquilles, vendus habituellement dans les magasins de bricolage, peuvent être vendus par les pharmaciens d’officine (Cf. liste des marchandises dont les pharmaciens peuvent faire le commerce dans leur officine, item 23 ). Ces masques n’ont pas de finalité médicale et n’ont pas vocation à être utilisés dans ce cadre.

 

Le pharmacien peut-il préparer des solutions hydro-alcooliques ?

Les pharmaciens d'officine et de pharmacie à usage intérieur (PUI) peuvent fabriquer et vendre des solutions hydro-alcooliques.

L’arrêté  du 23 mars ajoute à celui du 6 mars modifié, une seconde formule et élargit les types d’alcool à utiliser , ainsi que des fournisseurs de matières premières. Cette autorisation est faite jusqu’au 31 mai 2020 par arrêté du 1er avril .

A noter qu'un arrêté du 13 mars  modifié le 20 mars , encadre, à titre dérogatoire, la fabrication de solutions hydro-alcooliques par les industries (fabricants de médicaments à usage humain, de produits cosmétiques …), selon plusieurs formules et différents types de matières premières. Ces textes ne concernent pas les officines ni les PUI.

Quel est le statut de la solution hydro-alcoolique (SHA) préparée en pharmacie ? 

Le SHA est un biocide préparé en officine par dérogation temporaire aux textes européens. Ce n’est pas une préparation dite magistrale ou officinale. En conformité avec l’arrêté, les SHA doivent être préparées dans les conditions recommandées par l'Organisation mondiale de la santé, précisées en annexe de cet arrêté.

Il est rappelé que les SHA sont à utiliser, lorsque le lavage des mains n’est pas possible. Ces produits hydro-alcooliques sont actuellement les seuls produits disponibles pour l’inactivation rapide et efficace d’un large éventail de micro-organismes qui peuvent être présents sur les mains.

Quelle est la composition ?

L'arrêté du 23 mars 2020  fait référence à deux formules de l’OMS qu’il est impératif de respecter, sans ajout ni substitution (aloe vera, huiles essentielles…). 

Les formules possibles sont à base d’éthanol ou d'isopropanol et sont fixées dans les annexes de cet arrêté :

Solution hydro-alcoolique de l'Organisation mondiale de la santé à base d'éthanol :

annexe-formule-composition

Solution hydro-alcoolique de l'Organisation mondiale de la santé à base d'isopropanol :

annexe-2-formule-composition

La solution est d’aspect : liquide limpide et incolore.

Selon l’arrêté, il convient de respecter une quarantaine de 72 heures avant de délivrer les préparations , afin de permettre la destruction des spores éventuellement présentes dans l'alcool.

Comment préparer les SHA ? 

Dans un récipient de contenance adaptée,

  • introduisez le glycérol, 
  • rincez le contenant du glycérol avec une partie de l'éthanol (ou de l’isopropanol, selon la formule appliquée) de la préparation, 
  • ajoutez le peroxyde d'hydrogène, l'eau purifiée puis l'éthanol (ou l’isopropanol) par petites quantités et en mélangeant après chaque ajout. 
  • Homogénéisez.
  • Si nécessaire, complétez au volume avec de l'eau purifiée.

Répartissez immédiatement dans des flacons de plus petite contenance en vue de leur dispensation.

Les locaux de stockage doivent être équipés d'une ventilation adaptée ou d'une chambre froide.

Les solutions hydro-alcooliques ne doivent pas être produites en quantité supérieure à 50 litres dans des locaux dépourvus de systèmes spécifiques ou appropriés de ventilation.

Il est recommandé au titre des Bonnes Pratiques de Préparation  de mettre en place une échantillothèque. 

Quel est le flaconnage ? 

L’approvisionnement en flacons neufs se fait auprès des fournisseurs habituels de l'officine.

Il est également possible de remplir les flacons propres des usagers, nettoyés ou ayant déjà contenu ce genre de produits. 

Quel est l’étiquetage ? 

Les mentions que doit comporter l’étiquette sont les suivantes : 

- Le nom de la solution : « Solution hydro-alcoolique recommandée par l'Organisation mondiale de la santé pour l'antisepsie des mains »

- La composition : « Ethanol - peroxyde d'hydrogène - glycérol » OU « Isopropanol - peroxyde d'hydrogène - glycérol »

- Nom de la pharmacie qui a réalisé la solution

- Date de fabrication et numéro de lot

- Les conditions de conservation

- La mention : « Pour application cutanée uniquement »

- La mention : « Eviter tout contact avec les yeux »

- La mention : « Maintenir hors de portée des enfants »

- La mention : « Liquide inflammable : tenir éloigné de la chaleur et de toute flamme »

- Le mode d'emploi : « Remplir la paume d'une main avec la solution et frictionner toutes les surfaces des mains jusqu'à ce que la peau soit sèche. »

Combien de temps se conserve une SHA ? 

A température ambiante (15 °C à 25 °C), elle se conserve 2 ans, selon l’arrêté du 23 mars 2020 sauf si l’un des composants a une date de péremption antérieure.

Le prix des préparations de SHA est-il encadré ?

Ces points ont été précisés par la DGCCRF : Encadrement des prix pour les gels hydroalcooliques , DGCCRF

Le décret du 24 mars 2020  fixe les prix de vente (détail et gros) des GELS hydro-alcooliques fabriqués de façon industrielle. Il ne concerne pas les SHA préparées en pharmacie. 

Rappel sur les droits de douanes et taxes de l’alcool 

>> Les droits d’accises s’appliquent pour la vente d’alcool au public à usage non thérapeutique. Tout flacon d’alcool nature est donc vendu au public taxé.

>> Pour l’alcool entrant dans la composition de préparations, les droits d’accise ne s’appliquent pas. Le pharmacien doit préciser au fournisseur qu’il utilise l’alcool pour des préparations et non pour le revendre.

Le pharmacien peut-il acheter de l’alcool exonéré en droit d’accise pour fabriquer la solution hydro-alcoolique ?

Oui, selon les démarches administratives prévues et rappelées sur le site douane.gouv.fr .

Pour en savoir plus : Consulter la fiche professionnelle « Vente d’alcool en officine »

Y a-t-il une dérogation quant à l’approvisionnement de l’alcool ?

Le pharmacien doit disposer d’une licence UT selon la téléprocédure SOPRANO  pour commander de l’alcool nature exonéré de droits d’accise. En cas de difficulté ou d’urgence particulière, le service local des douanes peut mettre une solution simplifiée et accélérée (déclaration sur papier libre avec régularisation a posteriori).

En vue de justifier l’usage de l’alcool nature à toute demande de la douane, le pharmacien doit tenir une comptabilité matière (conf. fiche professionnelle).

Le pharmacien a-t-il des obligations en terme de traçabilité de fabrication et de vente des SHA ?

Il est recommandé de tracer la fabrication en l’enregistrant dans le registre des Préparations de l’officine prévu dans les bonnes pratiques de préparation.

Les solutions hydro-alcooliques n’étant pas des substances listées, la traçabilité de leur vente n’est pas obligatoire.

Peut-on vendre au public les composants séparément de la formulation OMS des gels (éthanol, eau oxygénée…) ?

Il est possible de vendre séparément au public les composants de cette solution, en prenant en compte les conditions de droits d’accise et de taxation pour la vente au détail d’alcool ( cf les précisions ci-dessous sur les taxes et droit d’accises). Pour des raisons de qualité et d’efficacité, il ne faut toutefois pas inciter les préparations réalisées au domicile du patient.

 

Concernant la mise en place des mesures d’hygiène et de distanciation sociale, un arrêté  paru le 16 mars à effet immédiat, impose aux opérateurs qui accueillent du public de s’organiser en veillant au strict respect de ces mesures. Dans l’attente d’instructions plus précises, des conseils pratiques relatifs à l’accueil des patients et à la tenue de l’officine  ont été élaborés et mis à disposition des pharmaciens.

Par décision du président de la République du 16 mars 2020, à compter du mardi 17 mars midi, pour se rendre auprès d’un professionnel de santé, il est nécessaire de se munir d’une attestation sur l’honneur et de sa carte d’identité. Le modèle d’attestation de déplacement dérogatoire  est disponible en téléchargement sur le site du ministère de l’Intérieu r ou du gouvernement .

Il est également possible d’établir soi-même une attestation sur papier libre. 

A noter que les déplacements pour raison de santé sont désormais limitées aux consultations et soins ne pouvant être assurés à distance et ne pouvant être différés et les consultations et soins des patients atteints d'une affection de longue durée. 

Comment informer le public ? 

Il est recommandé d’afficher sur les vitrines, et au plus près de l’entrée, les mesures barrières (se laver les mains très régulièrement et à chaque activité, éternuer dans le pli du coude, utiliser des mouchoirs à usage unique, ne pas se serrer les mains, ne pas s’embrasser, garder les distances de sécurité).

Le pharmacien doit insister dans son discours avec les patients sur les mesures de confinement, conseiller aux personnes fragiles de ne pas se déplacer, ni venir à l’officine, qu’elles fassent appel à des aidants (jeunes, voisins) pour faire leurs courses, proposer - si possible - la mise en place d’un service de préparation des ordonnances sur appel téléphonique, afin de limiter le temps d’attente sur place.

L’affiche est disponible et téléchargeable sur le site du Cespharm .

Comment organiser le flux des patients dans l’officine ? 

Un affichage doit :

- inviter les patients à respecter la distance de sécurité.

- Inviter les patients ayant des symptômes évocateurs (toux et/ou fièvre et/ou gênes respiratoires et/ou une diarrhée) à se signaler (sonnette sans fil, espace réservé de recul, appel téléphonique avant d’avancer…) et mesures immédiates :

1. Isoler le patient présentant des signes d’infection respiratoire et l’éloigner de la zone de chalandise (être équipé d’un masque FFP2 ou éloignement >1m pour réaliser cette action)

2. Équiper d’un masque (chirurgical en l’absence de FFP2) le patient et le professionnel de santé ayant pris en charge le patient (principe du double masque soignant/soigné)

3. Inviter le patient à retourner chez lui : lui conseiller de prendre un traitement symptomatique pour faire baisser la fièvre (paracétamol et surtout pas ibuprofène), surveiller l’évolution des symptômes, stopper toute activité sociale, éviter tout contact avec des personnes fragiles, appeler si besoin son médecin traitant. En cas de majoration des signes cliniques (détérioration de la capacité respiratoire, difficulté à respirer, essoufflement), lui conseiller d’appeler le médecin ou le 15.

Des modèles d’affiches sont disponibles sur le site de l’Ordre . Par ailleurs, afin de limiter  le temps d’attente à l’officine, lors d’une période tendue et avec un personnel réduit, les pharmaciens pourraient conseiller à leurs patients de les contacter afin qu’ils préparent les renouvellements d’ordonnance avant leur arrivée à l’officine. 

Quelles sont les règles d’organisation de l’espace de vente ?

Il est recommandé de mettre en place un sens de circulation pour éviter le croisement des patients dans l’espace.

Apposer des marques au sol (ruban adhésif rouge) pour matérialiser des espaces d’au moins 1 mètre entre les patients qui attendent.

Équiper les postes de vente de moyens permettant d’éloigner les patients servis du personnel servant : marquage au sol, « rubalise » de couleur pour maintenir le patient éloigné, parois plexiglass, ... Si l’espace de l’officine ne le permet pas, il est possible de servir via un guichet de garde ou de faire entrer les patients un à un, à condition d’afficher une information claire et de couvrir des plages horaires suffisantes.

Où trouver des outils d'information et de communication ? 

Pour aider les pharmaciens à sensibiliser le public et à ré-organiser son accueil au sein des officines, le Cespharm met à disposition une sélection d'outils élaborés par Santé publique France ou les représentants de la Profession (Ordre des pharmaciens, USPO, FSPF) : 

 Pour le public  :  plusieurs affiches et vidéos présentant respectivement :

  • les gestes barrières à appliquer systématiquement (dont la technique du lavage des mains),
  • les règles de confinement à respecter,
  • les situations nécessitant la réalisation d'un test de dépistage,
  • la conduite à tenir en cas de symptômes (dont les mesures à adopter pour éviter la transmission du Covid-19).

- Pour les pharmaciens  : 

Tous ces outils peuvent être téléchargés sur le site du Cespharm . Certaines affiches sont également disponibles à la commande. 

Qu’en est-il de la téléconsultation ? 

Dans le contexte actuel, les pharmaciens doivent s'attendre à avoir plus d’ordonnances émanant de téléconsultations, les règles ayant été assouplies par le Ministère de la santé compte tenu de la situation.  

La transmission de l'ordonnance se fait dans ce cas de façon sécurisée. Le pharmacien récupère la prescription sur une plateforme, soit par l’intermédiaire d’une ordonnance numérique, présentée par le patient, pourvue d'un système permettant d'éviter la réutilisation de l'ordonnance une fois délivrée (QR code par ex.).

La délivrance de médicaments prescrits à la suite de la téléconsultation se fait en conformité avec les règles de droit commun. Les médicaments sont pris en charge dans les conditions habituelles, le cas échéant.

 

Un dispositif de signalement des violences intrafamiliales via les pharmacies d’officine a été mis au point par le Ministère de l’Intérieur avec l’appui de  l’Ordre national des pharmaciens. Cette démarche intervient dans le contexte actuel de confinement lié à l’épidémie Covid-19, générant une forte hausse des signalements de violences.

Le nombre de signalements de violences familiales a bondi de plus de 30 % durant les premières semaines de confinement. Dans ce contexte singulier et contraignant, le pharmacien peut être amené à entrer en relation avec des victimes ou des témoins de violences intrafamiliales. En tant que professionnel de premier recours, il constitue légitimement un point d'appui possible pour alerter les forces de l’ordre. De plus, grâce au  maillage territorial, les pharmacies sont au plus près des personnes concernées et une pharmacie est toujours disponible 7j/7, 24h/24.

Dans ce contexte, le Ministère de l’Intérieur, en lien avec l’Ordre national des pharmaciens et les représentants de la profession, a mis en place un dispositif au sein des pharmacies, inspiré d’expériences européennes (Espagne notamment), pour alerter les forces de l’ordre dans des situations de violences intrafamiliales et leur permettre, le cas échéant, d’intervenir en urgence. 

L’Ordre national des pharmaciens est conscient que les équipes officinales sont déjà extrêmement mobilisées dans le contexte actuel d’épidémie de Covid-19, mais le contact qu’elles continuent d’entretenir avec leurs patients “rend leur rôle indispensable à cet égard”. Ce dispositif est un complément aux numéros d’appel 39 19 (Violences femmes info) et 119 (Allo enfance maltraitée). 

Une “fiche réflexe” détaillant la marche à suivre face à une personne évoquant spontanément être victime ou témoin de violences familiales, ainsi que plusieurs outils de communication sont mis à la disposition des pharmaciens via le Cespharm  pour les accompagner dans ce cadre.

 

Quelles sont les dispositions de déplacement du titulaire et des salariés de l’officine ?

Pour se déplacer de son domicile à son lieu de travail il est nécessaire de se munir, outre sa carte d’identité : 

Pour les salariés un justificatif de déplacement professionnel  fourni par l'employeur, valable pendant toute la durée des mesures de confinement et n’a donc pas à être renouvelé tous les jours.

Pour les non salariés une attestation de déplacement dérogatoire  à télécharger ou à reproduire sur papier libre. Celle-ci précise qu’il est nécessaire de présenter un document  permettant de justifier le déplacement.  

En cas de contrôle par les forces de l'ordre, les pharmaciens peuvent présenter au titre de justificatif : 

  • [nouveau] : Le caducée 2020 téléchargeable sur e-POP  (si le règlement de cotisation est à jour)
  • à défaut une impression de la page de l'annuaire sur laquelle ils figurent (http://www.ordre.pharmacien.fr/annuaire/pharmacien ) , éventuellement accompagnée de cette page explicative. 

A noter que les informations publiées dans l'annuaire de l'Ordre National des Pharmaciens correspondent aux informations du tableau d'inscription à jour,  sont accessibles également depuis smartphone et peuvent donc permettre de justifier de son exercice en cours.

Source : https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus

Le personnel de l’officine peut-il exercer son droit de retrait ? 

Le droit de retrait est encadré par le code du travail et peut être exercé sous certaines conditions. 

Par ailleurs, il faut tenir compte du fait que le personnel de l’officine peut faire partie des personnes fragiles identifiées par le Haut Conseil de la santé publique (voir ci-dessous).

Quelles sont les dispositions spécifiques s’il y a des diabétiques ou d’autres personnes fragiles dans le personnel ? 

Depuis le 18 mars, dans le cadre des mesures de prévention visant à limiter la propagation du coronavirus, il a été décidé de permettre aux personnes présentant certaines fragilités de santé de bénéficier d'un arrêt de travail à titre préventif pour leur permettre de rester à leur domicile.

Le Haut Conseil de la Santé Publique a établi une liste précise des pathologies concernées. Ces pathologies sont les suivantes :

  • Maladies respiratoires chroniques (asthme, bronchite chronique…) ;
  • Insuffisances respiratoires chroniques ;
  • Mucoviscidose ;
  • Insuffisances cardiaques toutes causes ;
  • Maladies des coronaires ;
  • Antécédents d'accident vasculaire cérébral ;
  • Hypertension artérielle ;
  • Insuffisance rénale chronique dialysée ;
  • Diabètes de type 1 insulinodépendant et diabète de type 2 ;
  • Les personnes avec une immunodépression :
  • pathologies cancéreuses et hématologiques, transplantations d'organe et de cellules souches ;
  • hématopoïétiques ;
  • maladies inflammatoires et/ou auto-immunes recevant un traitement immunosuppresseur ;
  • personnes infectées par le VIH ;
  • Maladie hépatique chronique avec cirrhose ;
  • Obésité avec un indice de masse corporelle (IMC) égal ou supérieur à 40. 

Pour ce faire, la personne vulnérable, si elle est en affection longue durée, devra s’enregistrer sur le télé-service « declare.ameli.fr  ». Un arrêt de travail sera alors établi par l’assurance maladie si la personne répond aux critères fixés. 

Si la personne concernée n’est pas en affection longue durée, elle pourra se faire établir un arrêt de travail par son médecin traitant, dans les conditions de droit commun.

Quelles sont les dispositions spécifiques s’il y a des femmes enceintes dans le personnel ? 

Depuis le 18 mars, dans le cadre des mesures de prévention visant à limiter la propagation du coronavirus, il a été décidé de permettre aux femmes enceintes de bénéficier d'un arrêt de travail à titre préventif pour leur permettre de rester à leur domicile.

Pour ce faire, la femme enceinte devra s’enregistrer sur le télé-service « declare.ameli.fr  ». 

Est-ce que l’officine doit rester ouverte ? 

Toutes les pharmacies du territoire doivent rester ouvertes. Les fermetures pour causes exceptionnelles doivent être signalées auprès de l’ARS et des responsables des secteurs de garde. L’organisation des heures d’ouverture doit permettre une continuité des soins, on peut dans certains cas (personnel insuffisant) assurer cette continuité via le guichet de garde.

Si une officine est obligée de fermer, l’assurance peut-elle couvrir une perte d’exploitation ? 

Il convient de se rapprocher de son assureur pour connaître les clauses de son contrat. Certains contrats incluent la prise en charge de la perte d’exploitation si l’ARS ordonne la fermeture de la pharmacie (pour des raisons sanitaires notamment).

Une pharmacie peut-elle fonctionner en mode « sas de garde » ?

Les textes ne s’opposent pas à une telle pratique.

Quelles sont les règles de protection des équipes ? 

L’usage à titre préventif d’équipements de protection (masques, surblouse, gants) pour les professionnels sans contact rapproché (plus de 15 minutes à moins d’un mètre) avec les malades n’est pas recommandé. 

En revanche, la réalisation des gestes d’hygiène des mains (lavage, gel) est essentielle. Eviter le port de lentilles de contact et préférer les lunettes, éviter tout contact rapproché avec des personnes présentant des signes d’infection respiratoire, nettoyer très régulièrement les « outils » courants (pinpad CB, claviers, surfaces contacts comptoirs) avec des lingettes imbibées de détergent et ensuite de l’alcool à 70°. Porter une blouse et la laver régulièrement.

Comment un pharmacien peut-il faire garder ses enfants pour poursuivre son activité ? 

Un service de garde a été mis en place pour que les personnels qui sont indispensables à la gestion de la crise sanitaire puissent faire garder leurs enfants et continuer d’aller au travail. 

Les pharmaciens, biologistes, personnels des établissements de santé et médico-sociaux font partie des professionnels concernés par ce service. 

Quelles sont les règles de nettoyage des locaux ? 

Toutes les mesures de bon sens doivent être mises en place pour maintenir des locaux propres et décontaminés :

-  Multiplier les nettoyages

- Utiliser des produits de nettoyage désinfectants virucides (norme NF14476) et alcool >60°

- Tenir un cahier de traçabilité des horaires de nettoyage.

Quelles mesures proposées au retour au domicile pour la protection de l'entourage ?

Une fois la journée terminée, les précautions à prendre pour la protection de l’entourage, basées sur les dernières théories qui indiquent que le SARS-CoV-2 survit environ 24h sur du carton, 2 à 3 jours sur du plastique ou de l’inox : 

  • Maintenir à la maison les gestes barrières
  • En arrivant au domicile, se laver les mains avant de toucher n’importe quel objet (poignées de porte par exemple), enlever ses chaussures, les déposer dans un espace réservé avec ses objets personnels en quarantaine jusqu’au lendemain 
  • Nettoyer les téléphones, lunettes avec des solutions désinfectantes appropriées (alcool, eau de javel diluée)
  • Les vêtements contact de la pharmacie (blouses) doivent être nettoyées en machine à minimum 60°.

Quelles formations proposer à l’équipe officinale ? 

Un outil de formation à destination des professionnels a été élaboré par l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP), en lien avec la mission nationale de coordination du risque épidémique et biologique (COREB), l’association nationale des centres d’enseignement des soins d’urgence (ANCESU), les Sociétés savantes (SPILF, SF2H, ) et l’Institut Pasteur.

Ce corpus de « capsules vidéo » disponible sur la page Covid-19 du site du Ministère des solidarités et de la santé  sera enrichi progressivement. 

Des étudiants peuvent-ils venir en renfort dans les officines ? 

L’Ordre et L'Association Nationale des Etudiants en Pharmacie de France (ANEPF) ont mis en place un dispositif temporaire de mise en relation étudiant – pharmacie « Pharm’Help », accessible à partir de la plateforme de l’Ordre « e-POP » ; les pharmaciens peuvent y renseigner leurs besoins en renforts et les étudiants peuvent offrir leur candidature. Le dispositif est accessible aux étudiants en pharmacie à partir de la 3ème année d’étude, dès lors qu’ils ont bien validé leur stage officinal d’initiation.

Lien pour les pharmaciens : https://e-pop.ordre.pharmacien.fr

Lien pour les étudiants : https://www.pharmhelp.anepf.org

Il est rappelé que les dispositions du code de déontologie s’appliquent aux étudiants, dans les conditions de l’article R. 4235-1 du code de la santé publique.

En outre le prêt de personnels entre officine est encouragé si besoin, par solidarité entre confrères.

Consignes pour les étudiants actuellement en stage de pratique professionnelle de 6è année officine :

Les étudiants doivent poursuivre leur stage

Aucune initiative personnelle d'abandon de stage ne doit être entreprise. Il convient nécessairement dans ce cas d’en avertir préalablement l’ensemble des parties concernées (pharmacien maître de stage, enseignant responsable des stages de 6ème année officine, doyen et scolarité de la faculté de pharmacie).

Les exceptions :

  1. Les étudiants en situation de fragilité au sens des préconisations du haut comité en santé publique .
  2. Les étudiants symptomatiques Covid-19 ou ayant été en contact avec des patients symptomatiques Covid-19. 

Pour ces cas particuliers, les facultés définiront des modalités de 'rattrapage' afin que les étudiants concernés ne soient pas pénalisés.

Les formalités administratives pour leurs déplacements :

Les stagiaires devront avoir chaque pour leurs déplacements vers le lieu de stage officinal :

  • Une attestation de déplacement dérogatoire disponible sur le site du ministère de l’intérieur , cochée pour le cas 1, datés, signée par eux-mêmes
  • Une attestation de leur maître de stage indiquant le besoin de présence à l'officine pour une activité ne pouvant être organisée sous forme de télétravail (activité de santé publique indispensable dans les équipes officinales dans cette période de crise sanitaire) sur le modèle du justificatif de déplacement professionnel 
  • Leur convention de stage signée

 

La sécurité des pharmaciens et des officines : 

En cas d'agression les pharmaciens peuvent déclarer celle-ci et consulter la fiche réflexe mise à disposition par l'Ordre, à l’adresse suivante : https://services.ordre.pharmacien.fr/extranet/Vos-demarches-et-formulaires/Declarer-une-agression

Vol de caducée de pharmacien et carte professionnelle :

L'Ordre a été informé de vols de caducée. Il est recommandé aux pharmaciens de veiller à ce que leurs caducée et carte professionnelle soient en lieu sûrs, car ceux-ci peuvent tenter des personnes mal intentionnées.

Date de mise à jour : 06/04/2020