Le dépistage

Dépistage

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le dépistage vise à détecter les personnes qui, dans une population apparemment en bonne santé, présentent un risque supérieur de contracter une maladie ou un problème de santé, de façon à ce qu’un traitement ou une intervention précoce puisse être offert, réduisant de ce fait l’incidence et/ou la mortalité due à cette maladie ou à ce problème de santé dans la population (Programmes de dépistage. Guide succinct. OMS ).

Pour les maladies pouvant bénéficier d’un dépistage, il existe globalement, deux grandes modalités de dépistage auxquels participent tous les professionnels de santé et médicaux dont les pharmaciens.

  • Le dépistage organisé : Par dépistage organisé, on entend dépistage défini dans un programme national de santé.
  • Le dépistage individuel : Par dépistage individuel, on entend dépistage ne s'inscrivant pas dans un programme national de santé, mais dont la pertinence, la population cible, les indications et conditions de réalisation font l'objet de recommandations de la Haute Autorité de santé.

 

Le pharmacien biologiste médical : acteur du dépistage à travers les examens de biologie médicale

L’article 4 de la loi N°2013-442 du 30 mai 2013  modifiant l’ordonnance N°2010-49 du 13 janvier 2010 définit l’examen de biologie médicale comme étant un acte médical qui concourt à la prévention, au dépistage, au diagnostic ou à l’évaluation du risque de survenue d’états pathologiques, à la décision et à la prise en charge thérapeutiques, à la détermination ou au suivi de l’état physiologique ou physiopathologique de l’être humain (Art. L. 6211-1 du code de la santé publique).

Ainsi le biologiste médical participe :

  • au dépistage organisé de :
    • Programme de dépistage néonatal de la drépanocytose, hyperplasie congénitale des surrénales, hypothyroïdie congénitale, mucoviscidose, phénylcétonurie, déficit en MCAD.
  • Au dépistage individuel :
    • Dépistage du cancer du col de l’utérus par détection par une technique moléculaire du génome des HPV dans un prélèvement de cellules au niveau du col de l’utérus (frottis),
    • Dépistage du cancer de la prostate chez les hommes présentant des facteurs de risque par dosage du PSA dans le sang,
    • Dépistage de l’infection à Covid-19 par détection du génome du SARS-CoV-2 par amplification génique dans un prélèvement nasopharyngé obtenu par écouvillonnage (mais aussi prélèvement de type salivaire ou oropharyngé),
    • Dépistage de la trisomie 21 fœtale par dosage de marqueurs dans le sang maternel au cours du 1er ou 2eme trimestre de la grossesse ou de l’analyse de l’ADN libre dans le sang maternel (Rapport HAS 2018 ),
    • Dépistage des complications liées au diabète avec dosage de l’HbA1c, de la créatinine, et bilan lipidique dans le sang et de l’albumine (A/C) dans un échantillon urinaire (recommandations HAS octobre 2014 ),
    • Dépistage de la maladie rénale chronique chez les sujets à risque avec dosage de la créatinine dans le sang et de l’albumine (A/C) dans un échantillon urinaire (Recommandations HAS octobre 2021 ),
    • Dépistage des allergies et des maladies auto-immunes par des tests immunologiques dans un échantillon sanguin,
    • Dépistage des infections bactériennes (maladie de Lyme, Syphilis,…), parasitaires (amibiases, Maladie du poumon du fermier,…), et virales (HIV , VRS, Rubéole, Hépatite B, hépatite C ) par un dosage immunologique dans le sang,
    • Dépistage de la tuberculose avec le dosage de l’interféron gamma dans un échantillon sanguin,
    • Dépistage du déficit en DPD dans un  échantillon sanguin avant tout traitement par 5FU,
    • Dépistage des infections génitales à Chlamydiae et gonocoque chez les personnes à risques dans des prélèvements effectués par écouvillonnage au niveau génital, rectal et/ou pharyngé.

 

Suite à la publication de l’arrêté du 1er août 2016 déterminant la liste des tests, recueils et traitements de signaux biologiques qui ne constituent pas un examen de biologie médicale, les catégories de personnes pouvant les réaliser et les conditions de réalisation de certains de ces tests, recueils et traitements de signaux biologiques, les pharmaciens d’officine sont autorisés à réaliser, dans un espace de confidentialité, trois tests de dépistage :

  • test capillaire d’évaluation de la glycémie, destiné au repérage d’une glycémie anormale. Les pharmaciens ne sont autorisés à pratiquer ce test que dans le cadre d’une campagne de prévention du diabète.
  • test oro-pharyngé d’orientation diagnostique des angines à streptocoque du groupe A. Un prélèvement réalisé dans le fond de la gorge, sur l'amygdale, à l'aide d'une petite brosse (écouvillon) permet une orientation diagnostique en faveur d’une angine bactérienne.
  • test oro-pharyngé d’orientation diagnostique de la grippe. Réalisé le plus tôt possible après l'apparition des symptômes, ce test permet une orientation diagnostique en faveur d’une grippe.

Ces tests rapides d’orientation diagnostique et d’évaluation (TROD) sont réalisés dans un espace de confidentialité selon une procédure d’assurance qualité mis en place au sein de la pharmacie.

Le pharmacien est tenu d’informer le patient que ces tests sont des éléments d’orientation diagnostique qui ne se substituent pas au diagnostic réalisé au moyen d’un examen de biologie médicale.

Le pharmacien qui réalise le test, en adresse, avec le consentement du patient, le résultat à son médecin. Ce dernier, si la démarche diagnostique ou thérapeutique le justifie, propose au patient la confirmation du résultat par un examen de biologie médicale.

Date de mise à jour : 04/01/2022