En 2025, l’Ordre a reçu 468 déclarations de pharmaciens, tous métiers et plateformes de signalement confondus. Résolument engagé, il a progressivement renforcé son dispositif de soutien aux victimes.

Publié le 4 juin, le bilan annuel de l’Ordre des pharmaciens pour 2025 fait état de 468 déclarations d’agression adressées par les pharmaciens à l’institution, ce qui traduit une difficulté croissante à exercer dans un cadre serein. Le détail des chiffres en témoigne : 84 % des déclarations concernent des injures, des menaces ou des agressions physiques. Les pharmaciens souhaitent alerter l’Ordre et signaler les faits qu’ils subissent, mais peu d’entre eux décident de porter plainte. En effet, seuls 16,8 % des pharmaciens déclarants indiquent avoir porté plainte. Une réalité dont l’Ordre prend acte, en proposant un accompagnement adapté aux pharmaciens.

Un réseau de référents sécurité spécialement formés, au service des pharmaciens

Cent quarante conseillers ordinaux référents sécurité (RS), répartis sur l’ensemble du territoire et représentant tous les métiers de la pharmacie, sont mobilisés auprès des pharmaciens agressés. Formés à l’écoute et aux procédures judiciaires, ils prennent contact avec les pharmaciens victimes qui le désirent, et peuvent également être sollicités pour répondre à leurs questions sur la sécurité (coordonnées disponibles sur le site de l’Ordre). En 2025, 413 pharmaciens d’officine ou biologistes médicaux ayant effectué une déclaration nominative ont ainsi été contactés.

Un groupe de travail interne a été constitué en 2026 avec ces référents sécurité. Son objectif : améliorer et adapter la réponse ordinale afin d’être toujours plus proche des attentes de la profession.

La constitution de partie civile de l’Ordre : une action pour la défense de la profession

Dès qu’une affaire d’agression, de menaces, d’outrages ou de violences commises à l’encontre d’un pharmacien dans l’exercice de ses fonctions est portée à la connaissance de l’Ordre, celui-ci peut se constituer partie civile aux côtés du pharmacien, à condition que ce dernier ait préalablement déposé plainte. En 2025, 12 affaires ont ainsi été jugées et, pour 11 d’entre elles, la constitution en partie civile de l’Ordre a été reçue.

Aux côtés des autorités

L’action de l’Ordre s’inscrit aussi dans un cadre institutionnel pour représenter les intérêts de la profession en matière de sécurité. La loi visant à renforcer la sécurité des professionnels de santé a par exemple étendu les prérogatives des ordres en matière d’action judiciaire. Elle leur permettra notamment, à la demande des professionnels libéraux concernés, de déposer plainte en leur nom. Cette mobilisation s’inscrit aussi dans la dynamique engagée contre les violences sexistes et sexuelles, portée par le plan du 17 janvier 2025 du ministre chargé de la Santé et de l’Accès aux soins.

Gildas Bernier,
membre du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens (CNOP), référent sécurité

Citation

« Nous le répétons avec constance : déclarer compte ! Déclarer permet de mesurer, de documenter, d’alerter et d’agir. C’est aussi permettre à la profession de ne pas banaliser ce qui ne doit pas l’être. »