L’avenir de la pharmacie ne se résume pas aux évolutions de notre système de santé. Il se construit chaque jour, grâce à vous et à notre capacité collective à anticiper les besoins des patients pour y répondre. Plus que jamais, l’Ordre entend être aux côtés des pharmaciens en exercice aujourd’hui comme demain pour accompagner ces transformations.

Préparer l’avenir, c’est porter la voix de la profession dans le débat public. Ainsi, en mai, nous avons donné la parole aux pharmaciens, aux patients et aux citoyens, à travers une consultation publique sur le rôle attendu des pharmaciens dans le système de santé. À partir de vos retours et de nos constats, l’Ordre formulera cet automne des propositions en amont de l’élection présidentielle de 2027. Dans le même esprit, notre engagement en faveur de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles s’est récemment illustré par le lancement d’une enquête nationale, et la double signature d’une charte ministérielle commune à l’ensemble des ordres des professions de santé, puis par une convention nous liant à la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (Miprof).

Préparer l’avenir, c’est aussi accompagner l’évolution de nos métiers. Les besoins de santé changent, les attentes des patients évoluent et les pharmaciens voient leurs missions se renforcer dans tous les secteurs d’exercice. La généralisation attendue du dispositif OSyS (Orientation dans le système de soins) illustre cette évolution vers un rôle accru du pharmacien dans le premier recours. Parallèlement, les travaux engagés autour de l’avenir de la biologie médicale, notamment avec la proposition de créer le statut de biologiste référent, ouvrent des perspectives importantes pour cette profession essentielle à notre système de santé. Ces réflexions se nourrissent également du dialogue étroit avec nos partenaires européens et se poursuivront lors du prochain congrès de la Fédération internationale pharmaceutique (FIP), carrefour des évolutions de la pratique professionnelle dans le monde.

Préparer l’avenir, c’est faire évoluer les moyens mis à votre disposition pour faciliter votre exercice. C’est le sens des travaux que nous conduisons pour adapter nos outils et nos services, qu’il s’agisse du développement du Dossier Pharmaceutique (DP) ou des évolutions du système d’information relatif aux Médicaments d’intérêt thérapeutique majeur (MITM).

Notre ambition est claire : proposer aux pharmaciens un Ordre toujours plus utile, plus réactif et plus proche de leur quotidien.

Préparer l’avenir, c’est enfin et surtout investir dans les futurs professionnels. Les échanges réguliers que nous entretenons avec les étudiants – notamment à travers notre dialogue avec l’Anepf (Association nationale des étudiants en pharmacie de France), la FNSIP-BM (Fédération nationale des syndicats d’internes en pharmacie et biologie médicale) et la Conférence des doyens – sont essentiels pour comprendre leurs attentes et construire avec eux les évolutions nécessaires en matière de formation ou d’exercice. Cette ambition suppose aussi d’anticiper les besoins en pharmaciens pour les années à venir. Les travaux de la Conférence nationale et de l’Observatoire national des professions de santé (ONDPS) rappellent que les besoins de santé continueront de croître et que la démographie pharmaceutique devra s’adapter à ces nouveaux enjeux. C’est tout le sens de la contribution portée par l’Ordre et de celle défendue lors de notre audition par le Sénat, dans le cadre de sa mission d’information relative aux praticiens à diplôme hors Union européenne (PADHUE) : apporter l’expertise des pharmaciens aux débats et décisions qui feront évoluer la profession, dans l’intérêt des patients.

À l’heure où la place et les missions des ordres professionnels sont interrogées, je suis déterminée à défendre un modèle qui a fait ses preuves et constitue un véritable rempart de protection pour la santé publique et les patients. Par le contrôle des compétences, l’exigence du respect de notre déontologie, réaffirmée dans le nouveau code publié en mars dernier, ainsi que par notre capacité à encourager, à accompagner les évolutions de la profession, notre mission ordinale dépasse la seule régulation des 75 731 pharmaciens inscrits à l’Ordre : elle contribue, chaque jour, à la sécurité, à la qualité des soins et à la confiance que les Français accordent à leur système de santé.

Carine Wolf-Thal, présidente du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens