FIP 2026 : les enseignements du modèle québécois
Le congrès de la Fédération internationale pharmaceutique (FIP) de Montréal a été l’occasion pour les représentants ordinaux d’en apprendre davantage, avec l'Ordre des pharmaciens du Québec, sur l’exercice de la pharmacie au Québec, l’un des plus avancés au monde.
Si le processus d’élargissement des missions des pharmaciens a débuté il y a plus de 10 ans, la mise en oeuvre de la “loi 67”, prévue en décembre prochain, consacre un rôle de prescription autonome élargi du pharmacien, dans un contexte où 1,5 millions de québécois n’ont pas de médecin traitant, sur une population totale de 9 millions.
Ainsi, la “loi 67” confère au pharmacien un rôle accru de premier recours : l’exercice de la pharmacie consiste désormais à “évaluer l’état de santé, à prévenir et à traiter les maladies par l’usage et la gestion appropriés des médicaments, dans le but de maintenir la santé, de la rétablir ou d’offrir le soulagement approprié des symptômes.” Si le médecin reste responsable du diagnostic, le pharmacien est chargé de la thérapeutique médicamenteuse et peut amorcer une thérapie de façon autonome pour les problèmes de santé courants, les maladies chroniques diagnostiquées ou la prophylaxie (ex. PrEP).
À l’hôpital également, le rôle du pharmacien en pharmacie clinique, au chevet des malades, est très avancé, avec des taux d’encadrement pharmaceutique (nombre de patients par pharmacien) incomparables avec la France. Les détenteurs d’une maîtrise en pharmacothérapie avancée (MPA) ont par ailleurs une capacité de prescription élargie dans un contexte de soins aigu selon le champ de spécialité.
“Le modèle québécois est riche d’enseignements pour la pharmacie française. Ces échanges internationaux nous permettent d’imaginer la pharmacie de demain, et participent également au rayonnement de la France à l’international.”
Carine Wolf-Thal, présidente du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens
À noter également lors de ce congrès, l’adoption par l’ensemble des organisations membres de plusieurs déclarations politiques, notamment sur la nécessaire actualisation des codes de déontologie et sur le rôle primordial du pharmacien dans le bon usage des médicaments pour une prise en charge sécurisée des patients, travaux auxquels l’Ordre a activement participé.
Par ailleurs, suite à l’adoption en décembre 2025 par l’Assemblée générale des Nations Unies d’une déclaration politique visant à lutter contre les maladies non transmissibles, les membres de la FIP ont adopté leur propre déclaration en ce sens. Ce document constitue un appel à reconnaître le rôle des pharmaciens en tant que fournisseurs de soins primaires essentiels et à permettre la mise en place de services en matière de prévention, de dépistage, de vaccination, de prise en charge des maladies chroniques et d’optimisation des traitements.
Retrouvez également l’ensemble des thématiques évoquées dans les posters présentés par l’Ordre national des pharmaciens, à l’occasion de la FIP 2026 à Montréal.