Dominique Castel, pharmacienne au Centre Hospitalier Alès-Cévennes (Gard) et conseillère ordinale depuis 2019, revient sur son accompagnement auprès de ses confrères lors des demandes de renouvellement d’autorisation de pharmacie à usage intérieur (PUI). Elle défend une vision des visites ordinales qu’elle considère comme des temps d’accompagnement confraternel, bénéfiques à tous.

Quel est votre rôle en tant que conseillère ordinale auprès des pharmaciens de PUI ?

Notre rôle est d’accompagner les pharmaciens dans le cadre du renouvellement d’autorisation des PUI, en combinant expertise réglementaire et soutien pratique. Nous évaluons la conformité et les bonnes pratiques de pharmacie, mais surtout, nous aidons le pharmacien à identifier les points à améliorer pour organiser sa PUI et sécuriser les circuits. L’objectif est d’instaurer un échange de confrère à confrère : nous sommes là pour conseiller, partager notre expérience et proposer des solutions concrètes adaptées à chaque PUI.

En quoi une visite ordinale diffère-t-elle d’une inspection administrative, et quelles attentes impose-t-elle aux pharmaciens ?

La visite ordinale se distingue par son approche confraternelle et non punitive. Nous ne sanctionnons pas, mais apportons un appui technique et réglementaire, ce qui permet d’instaurer une relation de confiance avec le pharmacien de PUI ; c’est l’occasion pour lui de nous montrer ses pratiques réelles, poser des questions et demander des conseils, parfois même après la visite. Les pharmaciens doivent fournir un dossier à l’agence régionale de santé (ARS), qui consigne procédures, manuel qualité, fiches de poste… Cela nous aide à avoir une première vision des activités de la pharmacie. Nous pourrons, lors de la visite, observer de façon détaillée le fonctionnement de la PUI. L’expérience du conseiller permet d’aborder des points concrets : organisation des locaux, séparation des zones de travail, flux, ergonomie et sécurisation des circuits.

Dominique Castel
Pharmacienne au Centre Hospitalier Alès-Cévennes (Gard) et conseillère ordinale

Citation

« Les visites ordinales mettent en valeur les missions de l’Ordre et le soutien entre pairs, contribuant ainsi à la dynamique collective de la profession. »

Quels bénéfices retirent les pharmaciens de ces visites ? Et vous-même, en tant que conseillère ordinale ?

Pour les pharmaciens, ces visites offrent de la part d’un pair un soutien concret. Elles permettent notamment de s’assurer que les effectifs – élément essentiel pour garantir un fonctionnement sécurisé de la PUI – sont adaptés à l’activité réelle. Pour nous, conseillers, elles sont aussi très enrichissantes : elles donnent l’occasion de découvrir des pratiques variées, se former à de nouvelles activités, partager l’expérience et créer un réseau professionnel, dont nos confrères bénéficient également. Elles renforcent la légitimité de notre rôle, mettent en valeur les missions de l’Ordre, plus particulièrement de la section H (représentant les pharmaciens des établissements de santé ou médicosociaux et des services d’incendie et de secours), et illustrent le soutien entre pairs, contribuant ainsi à la dynamique collective de la profession.