Le président du Conseil central de la section D (représentant les pharmaciens adjoints d’officine et autres exercices) a formé une plainte contre une pharmacienne adjointe, pour avoir méconnu la réglementation en vigueur relative aux influenceurs sur les réseaux sociaux, manqué à la dignité et la probité professionnelle et mis en valeur des pratiques charlatanesques.

Cette plainte résulte de l’activité d’influenceuse à laquelle celle-ci s’adonnait sur Instagram, où elle se présentait en qualité de pharmacienne pour vanter ou dénigrer divers produits de bien-être, de soins ou de santé.

La chambre de discipline du Conseil central de la section D a, par une décision du 16 octobre 2025 (n° AD/08119-2/CC), prononcé à son encontre la sanction de l’interdiction temporaire d’exercer la pharmacie pendant une durée de trois ans.

En premier lieu, la juridiction disciplinaire de première instance a relevé que la pharmacienne poursuivie, qui faisait la promotion de produits pharmaceutiques et parapharmaceutiques sur un compte Instagram très actif, comptant plus de 500 publications et 142 000 abonnés, tout en faisant état de son diplôme et abordant des sujets relatifs à l’activité pharmaceutique, entretenait la confusion entre son diplôme et son exercice professionnel. Ceci constituait, dès lors, un manque à la réglementation en vigueur relative aux influenceurs sur les réseaux sociaux.

En second lieu, la chambre de discipline du Conseil central de la section D a jugé que la présentation de l’intéressée dans ses vidéos en qualité de pharmacienne, conjuguée au port de la blouse blanche, à l’usage d’une imitation de caducée, et d’un fond de rayonnages qui évoquent ceux d’une pharmacie, entretenait de nouveau la confusion entre son diplôme et son exercice professionnel, et portait atteinte à l’image de la profession, et que ces comportements étaient, dès lors, contraires à la probité et la dignité de la profession.

Enfin, la chambre de discipline a considéré que la mise en valeur de l’Emotional Freedom Technique (EFT), une pratique dénoncée par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), constituait une pratique charlatanesque.

Elle a jugé que la publicité trompeuse ainsi que la présentation en qualité de pharmacienne, tout en usant des attributs connus du grand public du milieu pharmaceutique, dont avait fait preuve la pharmacienne poursuivie dans le cadre de son activité sur Instagram, constituaient des fautes de nature à justifier le prononcé d’une sanction disciplinaire.

Cette décision, qui n’a pas fait l’objet d’appel devant la chambre de discipline du Conseil national, est définitive.