Marianne Le Bruchec est présidente du CROP (Conseil régional de l’Ordre des pharmaciens) Île-de-France. Elle insiste sur l’importance, pour les pharmaciens en exercice, ainsi que les étudiants, d’intégrer les apports du nouveau code de déontologie des pharmaciens à leur pratique. Les conseillers ordinaux se sont d’ores et déjà engagés dans des actions d’accompagnement pour cela.

Sur le terrain, comment a été reçu le nouveau code lors de sa publication ?

Cette refonte était attendue depuis longtemps par la profession, et sa parution au Journal officiel a donc été assez largement relayée par des médias, entreprises et divers organismes de notre secteur d’activité. Mais, une fois l’annonce passée, il faut aller plus loin pour aider les pharmaciens et les conseillers ordinaux à se l’approprier et l’appliquer au quotidien.

En parallèle de l’envoi d’un exemplaire papier par l’Ordre à chacun des 75 000 pharmaciens inscrits, les élus du Conseil central A (représentant les pharmaciens titulaires d’officine) travaillent à l’illustration du code par des exemples concrets, issus de leur pratique, et des retours d’expériences des titulaires d’officine de leur région. Restera ensuite à consolider le code commenté, proposant des exemples concrets de jurisprudence.

Pourquoi pensez-vous qu’il faille en approfondir sa prise en compte ?

Un texte, aussi bien conçu soit-il, ne fait évoluer les pratiques que si chacun le fait sien. Ce code apporte, à mon sens, deux avancées majeures sur lesquelles l’Ordre doit faire preuve de pédagogie pour accompagner les pharmaciens dans les mois à venir : la clarification de ce qui est autorisé en matière d’information et de publicité, d’une part, et la protection de l’indépendance professionnelle, d’autre part. Pour la première, un cadre bien défini s’imposait, notamment à l’heure de la généralisation des réseaux sociaux. Oui, cela ouvre des possibilités à notre profession, mais attention : avec « tact et mesure » et en « réservant dans sa communication une part prépondérante aux messages de santé publique », comme le mentionne le code. Tout n’est pas permis pour autant et des éclaircissements pourront être apportés par l’Ordre pour prévenir d’éventuelles dérives. C’est précisément sur ces éléments – qui suscitent beaucoup de questionnements de nos consœurs et confrères – qu’œuvre le Conseil central A, en croisant également ses vues avec les conseils centraux D (représentant les pharmaciens adjoints d’officine et autres exercices) et E (représentant les pharmaciens des départements et collectivités d’outre-mer), en charge des professionnels officinaux.

Et pour ce qui est de la protection de l’indépendance professionnelle ?

C’est un autre sujet d’intérêt majeur de ce code, car il s’agit d’un enjeu collectif, concernant tous les métiers de la pharmacie. À l’officine, on observe de plus en plus de situations qui pourraient menacer cette indépendance, notamment chez de nouveaux pharmaciens titulaires. Au moment de l’acquisition de leur officine, certains s’engagent dans des montages juridiques qui les mènent à des impasses financières et professionnelles. L’Ordre a un rôle de sensibilisation et de contrôle. À titre d’exemple, les conseillers ordinaux franciliens et le collège des pharmaciens conseillers et maîtres de stage se sont mobilisés pour organiser, le 19 mai dernier à la faculté de Paris-Saclay, une journée d’information et de rencontres à destination de l’ensemble des stagiaires de sixième année des deux UFR de la région et des jeunes diplômés pour décrypter les nouveautés du code. S’il joue un rôle de contrôle, l’Ordre a aussi un devoir de sensibilisation.

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