Contrairement aux idées reçues, les maladies cardioneurovasculaires touchent particulièrement les femmes : 72 078 femmes en sont décédées en 2023, soit près de 200 décès chaque jour, contre 64 161 hommes (Source : Bulletin épidémiologique hebdomadaire, 2025, n°13). C’est 5 fois plus que les décès liés au cancer du sein la même année. En France, les cardiopathies ischémiques et les maladies neurovasculaires constituent les 2 principales causes de mortalité cardioneurovasculaire. Ces pathologies présentent toutefois des différences entre les femmes et les hommes qu’il est essentiel de prendre en compte dans la pratique médicale quotidienne. l’Assurance Maladie rappelle que des solutions existent.

Autre constat : ces maladies touchent des femmes de plus en plus jeunes. Depuis 2008, l’incidence du syndrome coronaire aigu augmente de plus de 5 % par an chez les femmes de moins de 65 ans, en France comme dans d’autres pays.

Les femmes moins bien prises en charge que les hommes

Face à une maladie cardiovasculaire ischémique, les femmes sont moins bien prises en charge que les hommes : elles appellent le Samu plus tardivement, elles sont moins fréquemment admises en soins intensifs cardiologiques, elles ont davantage de complications aiguës, elles ont une mortalité précoce plus élevée et elles sont moins souvent adressées en réadaptation cardiovasculaire. Leurs traitements sont moins bien adaptés.

Face à ces constats, des solutions concrètes existent. Il est important que chacun, les femmes, les hommes et les professionnels de santé, connaissent et surveillent à la fois les facteurs de risque, notamment ceux spécifiques à la femme, ainsi que les signes d’alerte.

Les facteurs de risque à évaluer

Le professionnel de santé peut évaluer des grandes catégories de facteurs de risque :

  • le mode de vie de la patiente :
    • le tabac : l’augmentation du risque apparaît dès la consommation d’une cigarette quotidienne ou en cas d’exposition à un tabagisme passif ;
    • la sédentarité et l’inactivité physique : moins de 30 minutes d’activité physique par jour 5 fois par semaine est délétère ;
    • l’alimentation et la consommation excessive de sel ;
    • un excès pondéral : surpoids (IMC supérieur ou égal à 25 ; obésité si IMC supérieur à 30. Le tour de taille (supérieur à 80 cm chez la femme ; ou 94 cm chez l’homme) associé à un IMC élevé est un meilleur facteur prédictif de maladies cardiovasculaires que l’IMC seul ;
    • le stress ;
    • la prise de toxiques : la consommation excessive d’alcool, de substances illicites… ;
  • le dépistage des facteurs de risque classiques :
    • l’hypertension artérielle (140/90 au cabinet ou 135/85 en automesure en dehors du cabinet) ;
    • la dyslipidémie (LDL cholestérol au-dessus de la cible définie selon le niveau de risque cardiovasculaire global, a fortiori en présence d’autres facteurs de risque) ;
    • l’hérédité, avec un parent au 1er degré ayant eu un événement cardiovasculaire précoce (homme avant 55 ans, femme avant 65 ans) ;
    • un diabète ;
    • des troubles du sommeil.

Enfin, il existe aussi des facteurs de risque émergents à évaluer : la charge mentale, les violences sexuelles, sexistes, physique ou psychiques, la précarité socio-économique, les pollutions (atmosphérique, le bruit…).

Le point sur les symptômes à surveiller chez les femmes

Certains symptômes sont plus fréquents chez les femmes :

  • vertiges, syncope, palpitations ;
  • dyspnée ;
  • fatigue ;
  • nausées, vomissements ;
  • douleur localisée au cou ou entre les omoplates.

D’autres symptômes sont aussi fréquents chez les femmes que chez les hommes : la douleur thoracique (80 % des cas), les sueurs, la douleur épigastrique, les éructations ou une douleur isolée aux épaules ou aux bras.

Agir en vérifiant régulièrement les facteurs de risque de ses patientes

Mieux reconnaître les symptômes, souvent atypiques, et intégrer les spécificités féminines dans le suivi médical constitue un enjeu majeur pour améliorer la prévention et l’égalité d’accès aux soins.

En présence de facteurs de risque cardiovasculaire, il est impératif :

  • de planifier un suivi renforcé ;
  • d’évaluer régulièrement ces facteurs de risque ;
  • de contrôler et de corriger avec la patiente ces facteurs. 

Un point peut aussi être fait lors du rendez-vous « Mon bilan prévention », proposé aux âges clés de la vie : 18 à 25 ans, 45 à 50 ans, 60 à 65 ans et 70 à 75 ans.

Les outils mis à disposition par le Conseil national professionnel cardiovasculaire

Cette mobilisation autour du cœur des femmes est portée par le Conseil national professionnel (CNP) cardiovasculaire et ses partenaires, qui a publié 2 outils :

  • un texte de référence scientifique sur la prévention cardiovasculaire des femmes (validé par l’ensemble des acteurs ayant contribué à son élaboration) ;
  • un poster de sensibilisation pour les patientes et patients, pour reconnaître les signes d’alerte.

Plus d’informations : consulter les travaux sur le site internet du CNP cardiovasculaire.

Source : actualité Ameli du 05/05/2026