Circulation active de la variole B (mpox) à Madagascar : risque d’importation et mesures de vigilance sur le territoire national
Dans un Message d’information de santé publique, le ministère chargé de la Santé informe qu’au regard de la situation très évolutive sur l’île de Madagascar, le risque d’importation de cas de variole B est à prendre avec la plus grande considération sur l’ensemble du territoire national.
Messages clés
- Madagascar est désormais considéré par l’OMS comme une zone de circulation active du clade 1 de la variole B (mpox).
- Des cas de variole B en lien avec la situation à Madagascar ont été détectés à Mayotte et à La Réunion, confirmant un risque d’importation sur le territoire national.
- Les professionnels de santé sont appelés à une vigilance renforcée, notamment pour l’identification, la prise en charge et le signalement sans délai des cas probables ou confirmés.
- La stratégie nationale de réponse à la variole B, mise en place depuis 2022 (prévention, détection, prise en charge des cas et des contacts, vaccination), demeure inchangée et pleinement mobilisable (cf. DGS-Urgent n°2024_14).
- Les recommandations vaccinales pour les voyageurs sont précisées dans l’avis du HCSP, mis à jour en 2025 (recommandations voyageurs).
- La liste des centres de vaccination est disponible sur sante.fr.
- Le dispositif d’information « Mpox info service » (0 801 90 80 69) reste actif pour répondre aux questions du public et des personnes à risque.
- Conformément à la réglementation relative à l’enrichissement de la langue française, le terme « variole B » est désormais utilisé en français en lieu et place du terme « mpox ».
Le 16 décembre 2025, cinq cas de variole B* de clade 1b ont été confirmés par le gouvernement de Madagascar. La situation est évolutive avec, à date, plus de 300 cas suspects et près de 200 cas confirmés.
Depuis janvier 2026, des cas de variole B importés de Madagascar ont été confirmés à Mayotte et à La Réunion. À Mayotte, plusieurs cas supplémentaires sans notion de voyage ont depuis été identifiés. Les investigations ont permis de mettre en évidence un lien épidémiologique avec la situation en cours à Madagascar.
Au regard de la situation très évolutive sur l’île de Madagascar, l’importation de cas de variole B en provenance de Madagascar est à prendre avec la plus grande considération sur l’ensemble du territoire national.
*Conformément à la réglementation relative à l’enrichissement de la langue française, le terme « variole B » est désormais utilisé en français en lieu et place du terme mpox
1. Rappel des principales mesures de gestion
Le ministère chargé de la Santé dispose depuis l’épidémie de 2022 d’une stratégie de réponse face à une épidémie de variole B, en termes de prévention, de dépistage, de prise en charge des cas et des contacts, et de vaccination : l’ensemble de ces mesures reste inchangé et d’actualité et est consultable dans le DGS-Urgent n°2024_14.
Il vous est notamment rappelé que tous les cas probables et confirmés de variole B doivent être signalés (maladie à déclaration obligatoire, formulaire Cerfa) sans délai aux Agences régionales de santé (ARS), sans attendre les résultats de la PCR de clade. Ce signalement n’est pas nécessaire pour les cas suspects qui doivent être orientés vers une consultation médicale et la réalisation d’un test biologique.
2. Recommandations vaccinales spécifiques à destination des voyageurs se rendant à Madagascar
Madagascar est désormais considéré comme une zone de circulation active du clade 1 de la variole B d’après l’Organisation mondiale de la santé (liste des zones actualisée sur le site de l’OMS, carte pays d’Afrique disponible ici).
En conséquence, les recommandations vaccinales de l’avis du Haut conseil de la santé publique (HCSP, mis à jour en juin 2025) relatives aux mesures de prévention pour les voyageurs s’appliquent aux personnes se rendant à Madagascar.
Public cible de la vaccination
Les voyageurs concernés par la vaccination sont :
- les personnels soignants (y compris les personnels de laboratoire) et travailleurs humanitaires à risque d’exposition ;
- les personnes originaires de zones de circulation active de la variole B de clade 1 rendant visite à leur famille ou leurs proches (Visiting friends and relatives - VFR) en fonction des conditions de vie sur place (promiscuité, partage de la literie, relations sexuelles) et de la possibilité de respecter les mesures barrières ;
- les expatriés, en fonction des conditions de vie sur place (promiscuité, partage de la literie, relations sexuelles) et de la possibilité de respecter les mesures barrières.
Pour les femmes enceintes, les enfants et les voyageurs immunodéprimés, le report du voyage doit être conseillé. Si le voyage est maintenu :
- chez les personnes immunodéprimées, la vaccination doit être proposée ;
- chez les femmes enceintes et les enfants, en l’état actuel des connaissances, la vaccination n’est pas recommandée.
Tous les autres voyageurs sont considérés à faible risque de variole B dans le contexte actuel et ne sont pas concernés par la vaccination.
Il est précisé que les territoires de La Réunion et de Mayotte ne font pas, à ce stade, l’objet d’une recommandation de vaccination pour les voyageurs s’y rendant, en l’absence de circulation active documentée (uniquement des cas isolés y ont été détectés).
Organisation de la vaccination
Il existe un vaccin, sur prescription médicale et/ou sur rendez-vous, uniquement dans les centres de vaccination désignés par le ministère chargé de la Santé :
- centres gratuits d'information, de dépistage et de diagnostic des infections par le virus de l'immunodéficience humaine et des hépatites virales et des infections sexuellement transmissibles (CeGIDD) ;
- établissements de santé ;
- centres de vaccination internationaux ;
- ou, selon les territoires, les lieux désignés par les directeurs généraux des ARS.
Les coordonnées des centres sont disponibles sur sante.fr et sur les sites des ARS.
3. Prévention et messages à relayer auprès des patients
Il est rappelé l’importance :
- du respect strict des mesures de prévention, notamment le lavage régulier des mains, l’isolement des cas, la limitation des contacts directs ou rapprochés avec des personnes malades ou susceptibles d’être infectées par la variole B, l’absence de partage de la literie, des objets ou du linge avec des personnes qui pourraient être infectées par la variole B, etc. L’efficacité de la vaccination n’étant pas totale, ces mesures restent indispensables, y compris pour les personnes vaccinées ;
- du rappel des conseils de prévention de l’infection par le virus de la variole B lors de tout dépistage d’une infection sexuellement transmise (IST) ainsi que lors de la prescription ou du suivi d’une prophylaxie pré-exposition au VIH (PrEP) dans le cadre d’une approche globale en santé sexuelle, et de la promotion de la vaccination auprès des personnes éligibles.
Un dispositif d’information « Mpox info service » est accessible tous les jours de 8h à 23h (heure de Paris) au 0 801 90 80 69 (appel et service gratuits, anonymes et confidentiels).