Dons aux populations privées de médicaments et de matériel médical : ce qu'il est possible de faire
Conscient de la volonté de nombreux pharmaciens d’apporter leur soutien en situation de conflit ou de catastrophe naturelle, l'Ordre national des pharmaciens encourage toutes les initiatives qui permettent d’acheminer les produits de santé aux populations touchées, dans des conditions sécurisées.
Parmi les possibilités d’action
De nombreuses associations humanitaires ou ONG disposent de pharmaciens permanents ou sont spécialisées dans les approvisionnements pharmaceutiques en situations de crise, telles que la Croix rouge, le Croissant rouge, ACTED ou encore l’UNICEF.
Des actions peuvent être menées sur le terrain, notamment par l’association Tulipe, établissement pharmaceutique qui fédère les dons des laboratoires partenaires pour équiper les professionnels de santé sur place et répondre en urgence aux besoins des populations en détresse.
Les pharmaciens et plus largement toutes les personnes volontaires peuvent effectuer un don financier auprès de la Fondation CMA-CGM du Fonds Humanitaire pour l’Aide Transfrontalière des Nations Unies ou encore de l’association Pharmacie humanitaire internationale (PHI). Celle-ci gère depuis 2009 un établissement pharmaceutique de distribution en gros à vocation humanitaire qui dispose d’un département international.
Rappel sur les médicaments non utilisés
La redistribution de médicaments non utilisés (MNU) ne peut être effectuée à des fins humanitaires depuis le 31 décembre 2008. Les MNU collectés à l’officine par l’éco-organisme Cyclamed sont destinés à être détruits par incinération et font ainsi l’objet d’une valorisation énergétique.
En effet, même en situation de crise, il est important de conserver un approvisionnement via un circuit pharmaceutique sécurisé.
Dispositif d'approvisionnement par l'intermédiaire des PUI
L'article L. 5126-8 du code de la santé publique prévoit un dispositif spécifique d’approvisionnement des organismes à vocation humanitaire par l’intermédiaire des établissements de santé : "En cas d'urgence, les établissements publics de santé sont autorisés à vendre en gros, sans réaliser de bénéfices, des médicaments non disponibles par ailleurs à des organisations à but non lucratif et à vocation humanitaire, ainsi qu'à l'État pour l'exercice de ses missions humanitaires."
Il résulte de ces dispositions que cet approvisionnement doit respecter deux critères cumulatifs, l’un tenant à l’urgence de la situation et le second à l’indisponibilité des produits par ailleurs.