Face à la circulation massive de fausses informations en santé, la ministre de la Santé et de la Famille, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, a annoncé lundi 12 janvier 2026 le lancement d’une Stratégie nationale de lutte contre la désinformation en santé. Éclairée par les propositions du Rapport sur la désinformation en santé, dans le cadre duquel l’Ordre national des pharmaciens a été auditionné, cette stratégie vise à impulser des actions afin de garantir à toutes et tous une information en santé fiable, accessible et compréhensible.

Amplifiée par les réseaux sociaux, la désinformation en santé, qu’elle concerne la vaccination, les traitements médicaux ou certaines pratiques de soins non conventionnels, peut détourner des patients des soins, fragiliser la prévention et nourrir une défiance durable envers la science et les institutions sanitaires.

Dans un contexte marqué par une défiance croissante envers la science et les institutions sanitaires, la lutte contre la désinformation constitue une priorité de santé publique. Ainsi, garantir l’accès à une information fiable est une condition essentielle pour permettre à chacun de faire des choix éclairés en matière de santé.

Une démarche collective appuyée sur une expertise indépendante

Engagée dès 2025, cette stratégie repose sur une mobilisation collective associant professionnels de santé, chercheurs, journalistes, enseignants, associations, créateurs de contenus, plateformes numériques et citoyens. Pour éclairer ses orientations, une mission d’expertise indépendante a été confiée au Pr Mathieu Molimard, à la Pr Dominique Costagliola et au Dr Hervé Maisonneuve, qui ont conduit 156 entretiens et produit un rapport remis à la ministre de la Santé.

Dans leur rapport, ils formulent neuf recommandations pour élaborer une stratégie reposant sur sept chapitres : l'éducation, la formation, l’information, la désinformation, la détection, les sanctions et la recherche. Le Pr Molimard avait abordé le sujet lors de sa conférence à l’occasion de la 37e Journée de l’Ordre, le 24 novembre 2025.

Quatre axes pour une action coordonnée et durable

La stratégie nationale proposée par le ministère s’articule autour de quatre axes complémentaires :

Axe 1 – Une phase nécessaire d’écoute et de consultation citoyennes

La collaboration avec la société civile est au cœur de cette stratégie nationale. Des enquêtes d’opinion, un baromètre national et des communautés citoyennes en ligne sont déployés afin d’analyser l’exposition à la désinformation en santé et les réflexes de vérification de l’information.

En parallèle, la mise en place d’un Comité citoyen permettra de formuler des recommandations sur le rôle des pouvoirs publics.

Axe 2 – Constitution d’un Observatoire de la désinformation en santé

Un Observatoire de la désinformation en santé sera mis en place afin d’identifier, d’analyser et de documenter les phénomènes de désinformation.

Il assurera une veille continue, publiera des baromètres et des travaux de recherche et animera des groupes de travail thématiques, avec pour objectif de mieux informer, alerter et sensibiliser les acteurs de la santé et de l’information.

Axe 3 – Déployer un dispositif d’infovigilance en santé

À partir de la fin janvier, un dispositif opérationnel d’infovigilance permettra de détecter rapidement les fausses informations en santé, d’en analyser les ressorts et de diffuser des réponses fiables et pédagogiques.

Ce dispositif s’appuiera sur un réseau d’alliés – experts, journalistes, institutions, créateurs de contenus – et proposera des formats adaptés aux réseaux sociaux ainsi que des réponses de référence via le site public Santé.fr.

Axe 4 – Bâtir un socle de confiance propice à l’information en santé

La stratégie vise à agir sur le long terme en renforçant l’éducation critique à la santé dès le plus jeune âge, en poursuivant la responsabilisation des plateformes numériques et en intégrant la désinformation en santé au sein des programmes de recherche.

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Source : communiqué de presse du ministère (12/01/2026)