Nouvelle manière de penser la santé, la prescription sociale permet d’orienter une personne vers des activités et un soutien non médical (artistiques, culturelles, sportives…) adaptés à ses besoins pour favoriser son bien-être. La journée internationale de la prescription sociale, le 26 mars, met en lumière cette approche innovante encore peu développée en France pour agir sur les déterminants de la santé mentale. En reconnaissant l’influence des facteurs sociaux, culturels et environnementaux sur la santé, la prescription sociale offre de nouvelles perspectives pour prévenir les troubles psychiques et améliorer le bien-être mental.

Un professionnel de santé qui oriente vers une association ou prescrit un atelier artistique et une séance d’activité physique adaptée, plutôt qu’un traitement médical…la prescription sociale, si elle n’est pas encore véritablement développée en France, est une approche prometteuse pour favoriser le bien-être.

Le concept, encore novateur en France, est guidé par ce principe que le bien-être mental ne se résume pas seulement à la prise en charge des symptômes, mais qu’il passe aussi par la qualité des liens sociaux et le sentiment d’appartenance à une communauté.

Lutter contre la solitude et favoriser l’inclusion sociale, un levier majeur

Des facteurs tels que l’isolement, le stress, des difficultés financières ou les conditions de logement peuvent avoir un impact majeur sur le bien-être et la santé des personnes. De nombreuses études indiquent que les personnes socialement isolées et concentrant des difficultés socio-économiques ont un risque accru de développer des troubles anxieux et dépressifs.

Pour répondre à ces besoins et améliorer la santé mentale, la prescription sociale vient en complément des soins médicaux. Elle permet d’orienter les personnes vers des activités et services locaux non médicaux choisis en fonction de l’intérêt de la personne comme la participation à des associations, des groupes de pratique artistique, de jardinage et d’entraide, des activités sportives adaptées ou de remise en forme, des chorales dédiées….

Portée par des initiatives locales, la prescription sociale s’appuie sur les ressources du territoire et sur les acteurs locaux. Elle considère les personnes non seulement comme des patients, mais aussi comme des membres actifs de leur communauté, capables de participer, de partager et de contribuer à la vie collective. Elle propose un accompagnement personnalisé, permettant de mieux prendre en compte les réalités de vie des personnes.

Inscrite dans une approche globale de la santé, la démarche ne se limite pas à traiter la maladie mais contribue à renforcer le lien social, soutenir la prévention et améliorer le bien-être.

Selon les territoires et les besoins des habitants, la prescription sociale peut prendre différentes formes, mais repose sur cinq éléments clés :

  • les personnes accompagnées ;
  • les professionnels de santé qui orientent ;
  • les intervenants (agents de liaison) qui suivent et proposent les activités aux personnes accompagnées ;
  • les activités prescrites ;
  • le suivi des résultats.

Le saviez-vous ?

Au Royaume-Uni, la prescription sociale est intégrée au système de santé (NHS) et plusieurs milliers d’agents de liaison accompagnent les patients vers des ressources communautaires.

Développer et expérimenter la prescription sociale en France

Entre mai 2025 et mars 2026, la Direction générale de la santé du ministère en charge de la santé a réuni un groupe national d’experts (professionnels de santé, chercheurs, représentants d’associations, collectivités et Assurance maladie) pour réfléchir au développement de la prescription sociale en France.

En s’appuyant sur la littérature scientifique internationale et sur les initiatives déjà existantes sur le territoire, ce groupe a permis de définir les principes et les étapes d’un parcours de prescription sociale adapté au contexte français.

Ce parcours repose sur plusieurs étapes clés :

  • identification des besoins par un professionnel de santé ;
  • orientation vers un agent de liaison chargé d’accompagner la personne ;
  • co-construction d’un plan d’action personnalisé mobilisant les ressources locales (associations, activités culturelles ou sportives, soutien social) ;
  • suivi permettant d’évaluer les effets sur le bien-être et la santé.

Dans le cadre des travaux du groupe national sur la prescription sociale, une revue de littérature internationale a été réalisée par la Fédération française de psychiatrie. Ses résultats montrent des effets positifs significatifs sur le bien-être, la santé mentale, l’estime de soi, l’activité physique et le sentiment de lien social avec des bénéfices marqués lorsque les programmes sont personnalisés, inscrits dans la durée et accompagnés par un professionnel référent (agent de liaison).

Les travaux soulignent également que ces dispositifs peuvent réduire les symptômes anxio-dépressifs, renforcer l’autonomie des personnes et favoriser leur participation à la vie sociale, notamment chez les publics les plus vulnérables. Ils sont une base importante indiquant la nécessité de développer et expérimenter la prescription sociale en France.

Chiffre clé :

Plus de 20 pays expérimentent aujourd’hui des dispositifs de prescription sociale ou des approches similaires.

Source : Actualité du ministère chargée de la santé du 26/03/2026 - Mis à jour le 24/03/2026