À travers la série d’entretiens « Le bon geste », des pharmaciens de tous les métiers racontent comment ils œuvrent au quotidien pour réduire l’empreinte environnementale de leurs activités. Leurs initiatives rejoignent les propositions formulées par l’Ordre pour accompagner la profession dans la transition écologique.

En lien avec les objectifs de la feuille de route « Planification écologique du système de santé » du Gouvernement, 11 propositions ont été formulées par le groupe de travail Transition écologique de l’Ordre, dans son rapport publié en juillet 2025. Celles-ci s'articulent autour de trois axes :

  • la juste consommation et gestion des produits de santé ;
  • la réduction et le traitement des déchets ;
  • la formation et la formalisation des pratiques.

À travers des retours de terrain partagés par des pharmaciens, la série d’entretiens « Le bon geste » illustre les actions concrètes qui s’inscrivent dans ces axes de travail et engagent la profession vers sa transition écologique.

Axe 1 : juste consommation et gestion des produits de santé

« Mon premier engagement écologique : promouvoir une plus juste consommation des produits de santé »

 « Au sein de la Maison de santé de ma commune, nous nous réunissons régulièrement avec les médecins et une partie de la communauté médicale pour débattre sur des cas de prise en charge médicale ou médicosociale complexes, où le point de vue du pharmacien est essentiel. […] “Déprescrire” certains médicaments, c’est éviter les effets indésirables, comme les problèmes digestifs ou le risque de chutes, des handicaps qui peuvent être gênants. C’est une démarche appréciée par les patients puisqu’elle facilite leur quotidien. Ils ont moins de médicaments, gaspillent moins, sont plus observants. »

Retrouvez l’entretien complet avec Paul Lemarquis, pharmacien titulaire d’une officine dans les Landes.

« Je m’appuie sur les antibiogrammes ciblés pour lutter contre l’antibiorésistance »

« Dans la pratique quotidienne, notre implication ne se limite pas à la transmission de résultats bruts. Notre approche intègre une dimension pédagogique et une interaction constante avec les prescripteurs. Ainsi, sur les 20 testés, seuls quelques antibiotiques pertinents sont systématiquement communiqués, permettant au médecin de sélectionner une molécule appropriée, sans recourir aux traitements les plus agressifs dès la première intention. »

Retrouvez l’entretien complet avec Gisèle Gay, biologiste médicale.

« Mon engagement pour un recours plus juste aux examens demandés à l’hôpital »

« Nous disposons d’un système de prescription connecté. Dans chaque service de l’hôpital, les médecins font leur prescription sur ordinateur. Les infirmières disposent alors d’étiquettes éditées automatiquement, leur indiquant le nombre de tubes et leur couleur. On est certains de prélever ce dont on a vraiment besoin et on optimise les tubes. Pour les patients, c'est aussi un avantage : pas d’erreur, pas d’oubli et pas besoin de piquer à nouveau ! »

Retrouvez l’entretien complet avec Émilie Roman, biologiste médicale et responsable du plateau technique du laboratoire de biochimie d’un centre hospitalier (800 lits).

« J’évalue l’observance des patients pour une juste dispensation des traitements d’oxygénothérapie »

« Lors de sa visite de maintenance au domicile du patient, le technicien relève le compteur qui indique le nombre d’heures durant lesquelles la machine a été utilisée. Ces informations sont intégrées dans un logiciel et, après lecture du dossier du patient, je les compare à la prescription du médecin. Si, par exemple, le patient a utilisé l’appareil pendant 5 heures alors que l’ordonnance mentionne 12 heures d’utilisation, j’en informe le prescripteur qui, en fonction de la gravité de la pathologie et des besoins du malade, peut décider d’ajuster le traitement ou, plus rarement, proposer un “désappareillage”. »

Retrouvez l’entretien complet avec Caroline Baret, pharmacienne responsable des bonnes pratiques de dispensation de l’oxygène (BPDO).

« Réduire l’empreinte environnementale de nos activités et contribuer activement à la capture du carbone »

« 80 % de notre flotte de transport – soit 60 camions et 150 remorques – fonctionne avec des carburants alternatifs (biodiesel ou gaz naturel), ce qui nous a permis de réduire nos émissions de gaz à effet de serre, sans compromettre la rapidité de livraison ni la sécurité des produits. Nous avons également fortement réduit notre consommation de papier et limité les déchets qui en découlent, grâce à la dématérialisation des bons de livraison, aux signatures électroniques et à la digitalisation des échanges avec nos clients. Enfin, nous privilégions des fournisseurs responsables, à travers des chartes d’achats durables. »

Retrouvez l’entretien complet avec Patrice Kaps, pharmacien responsable dans une entreprise de distribution en gros, vice-président de la section C (représentant les pharmaciens de la distribution en gros) de l’Ordre

Axe 2 : réduction et traitement des déchets

« Je me suis engagée à réduire les déchets liés aux emballages isothermes, tout en sécurisant notre approvisionnement en produits de santé thermosensibles »

« Après retrait des produits de santé, l’emballage est mis de côté et les plaques eutectiques (utilisées pour maintenir une température spécifique à l'intérieur du conteneur isotherme) sont laissées à l’intérieur. La pharmacie à usage intérieur (PUI) prévient la cellule logistique du fournisseur d’emballages, qui s’engage à venir le récupérer dans les 24 à 48 heures. »

Retrouvez l’entretien complet avec Isabelle Hoareau Ramon, pharmacienne praticienne hospitalière, cheffe de service de la PUI d’un groupe hospitalier à La Réunion.

Axe 3 : formation et formalisation des pratiques

« Nous avons fait de la transition écologique un levier de cohésion d’équipe, d’attractivité pour l’officine et de proximité avec nos patients »

« Il s’agit d’un travail collectif qui mobilise l’ensemble de l’équipe autour de notre référent RSE, un préparateur particulièrement investi. À chaque réunion, nous faisons un point d’étape : tri sélectif dans nos nouvelles poubelles, choix de produits d’entretien moins polluants pour la personne qui fait le ménage, limitation des livraisons quotidiennes de notre grossiste grâce à des achats groupés, sélection de gammes plus respectueuses de l’environnement, etc. Cette implication demande du temps et de la rigueur, mais nous avons eu la satisfaction de faire partie des 80 officines pilotes ayant obtenu, cette année, un label de certification RSE spécifique à notre profession. »

Retrouvez l’entretien complet avec Anne Barranx, pharmacienne titulaire d’une officine en Val-de-Marne.

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